Et si on recommençait ?...
Image tirée de Google Images: http://www.h24info.ma/sites/default/files/styles/thumb_400x200/public/articles/principales/o-depression-facebook.gif?itok=VALBFKFZ
Elle part en claquant la porte, la vaisselle demeure au sol brisée, l’écran de télé a sa télécommande plantée en plein milieu, le repas se transforme en amas de viande grillée, le vase du salon est éclaté, notre portrait et en miettes sur le sol, elle a emporté quelques affaires personnelles, et me voilà assis sur le sol contre le mur du salon, chialant en contemplant la photo que je viens d’extraire du cadre brisé.
Revenons en arrière. Quelle fut la cause de cette rupture ? On va dire que cela provient de l’instabilité de la vie moderne couplée aux conneries qu’on puisse effectuer lorsqu’on est jeune et inexpérimenté. Tout a commencé il y a trois mois lorsqu’elle fut harcelée par son patron au boulot, elle se plaignait sans arrêt du regard insistant de son supérieur qui désirait plus qu’une liaison de travail avec elle, et malheureusement, aucune autorité n’est compétente pour cesser ce genre de chose qui vous pourrit la vie. Je l’écoutais chaque jour durant me répéter inlassablement les tortueuses scènes quotidiennes dont elle était victime et qui me blessaient un peu plus à chaque fois qu’elle m’en parlait : ce porc de sexagénaire devrait être honteux de poser les yeux sur ma femme, c’est pas un bout de viande, merde quoi ! Fort agacée par ses gestes et paroles déplacés, elle se renfermait sur elle-même et commençait à avoir des tendances suicidaires. Excédé par la pression qu’il lui faisait accumuler, je décidai d’attendre ce vieil obsédé à la sortie de son bureau, dans leur parking, sans en avoir au préalable parlé à ma femme qui aurait sans doute tentée de m’en dissuader. J’attendis une bonne heure durant que ce vieux schnoque vienne à sa belle voiture exotique que je m’étais amusé à griffé de tous les côtés, mais cet empaffé ne radina pas. Sachant qu’il n’y avait plus personne dans les bureaux à cette heure-ci, je me risquai à l’agresser à l’intérieur, voulant juste menacer cet épouvantable personnage : j’étais prêt à braver le personnel de sécurité qui fait sa ronde nocturne dans les locaux. Mais comble d’horreur, ce que je trouvai ce jour-là me dégoûta pour tout jamais : je les surpris en pleine action, lui le pantalon baissé y allant à grand coup de hanche, elle totalement dénudée se laissant palucher.
Je reçus comme un coup de couteau en plein cœur, ma poitrine me serrait, j’étais en limite de vomir, je me cachai alors dans l’ombre des bureaux le soir inanimés. J’étais la tête contre la cloison de l’office du patron, les images que je venais de voir repassais sans cesse, j’étais torturé par les cris de plaisir de ma compagne. Enervé par tout ça, je tapais un grand coup le poing serré contre la cloison, ce qui eut pour effet de les surprendre. Je m’enfuis avant même qu’il s’aperçoive qui était là, ils se vêtirent en hâte tandis que moi j’étais déjà bien éloigné, ne pensant plus qu’à rentrer chez moi afin qu’elle ne se doute de rien, et comme prévu, elle ne fit guère attention que ce soir-là, j’étais peiné.
Les jours passèrent, je me mis à la tromper avec une maîtresse car elle n’était guère honnête avec moi, comme je m’y attendais elle bénéficiait d’une promotion, et moi j’étais le con cocu dont tout le monde devait se foutre. Je feignais la surprise et la laisser régulièrement s’absenter le vendredi soir sous le prétexte professionnel « d’heures supplémentaires », mais cette situation ne pouvait perdurer.
Ce soir, l’abcès fut crevé lorsqu’elle consulta les messages de mon téléphone, le ton monta, on se prit la tête, on s’insulta, on se méprisa, on se haït, elle me retourna une gifle, je lui fis de même, elle brisa ce qui représentait notre quotidien et m’informa qu’elle porterait plainte pour violence conjugale, que j’aurai le plaisir de recevoir une belle lettre du juge qui me convoquera pour un divorce appuyé par une sentence, et que je serai forcé de quitter l’appartement dans lequel nous logions. Elle me nargua en me faisant savoir, sur le pas de la porte, qu’elle rejoignait son patron qui, au final, était un homme bien plus charmant que moi. Je reçus chacune de ses piques acérées comme un assassinat dans la plus pure tradition des trahisons, et pourtant, le souffrant que j’étais n’avait pas encore été assez torturé : il me fallait encore l’aimer. C’est alors que mon téléphone retentit : ma femme a été accidentée. J’hésite à m’y rendre, mais le cœur a ses raisons que la raison elle ne comprend pas. J’y vais bon gré mal gré, jouant mon rôle d’époux jusqu’à l’heure fatidique, qu’importe les conséquences, je serai là tant que le divorce n’aura pas été prononcé.
En arrivant aux urgences, j’ai appris que son amant a été lui aussi alerté, mais curieusement ce vieux baiseur ne s’est pas déplacé, et c’est tant mieux ! Je ne supporterai de le voir débarquer à son chevet. Je la rejoins et m’assis auprès d’elle, lui tenant la main en la veillant, déposant un tas de baiser sur le dos de sa main droite sur laquelle j’ai même pleuré. Elle se réveille tout doucement, semble surprise de me voir à ses côtés, larmoie à son tour en me questionnant dans un souffle : -Et si on recommençait ?...
J’en suis fort ravi et lui souris, lui faisant comprendre que je suis favorable à sa requête, mais il faut que le destin s’en mêle et que son corps ne supporte tous ces changements brutaux d’émotion. En plein arrêt cardiaque, une équipe d’intervention rapplique, tentant le tout pour le tout pour la sauver, mais peine perdue : ils s’acharnent sur un cadavre.
Une heure plus tard, le décès est prononcé, validé par un médecin. Je la serre une dernière fois contre moi avant de les laisser l’emporter à la morgue plus bas située.
Hélas, la vie se déroule sans pouvoir être stoppée, il n’y a ni bouton pause ni bouton play, et impossible d’en arrière se retrouver. Je n’ai pour seules compagnes désormais que des regrets.
"Ce texte a été déposé et est protégé en vertu de l'article L. 111-2 du Code de la propriété intellectuelle, loi du 1er juillet 1992."
/image%2F0446932%2F201304%2Fob_9aa22d0c5261a10d05229a05de87f49f_sans-titre-10000.jpg)
Le Répertoire des Nouvelles de Dr Voggle & Romaric Aubertin
Bienvenue sur cette page où vous retrouverez, par genre et ordre alphabétique, toutes les nouvelles écrites par Romaric Aubertin & Dr Voggle ! Attention ! Une nouvelle classée dans un genre peu...
http://storycraft.overblog.com/le-repertoire-des-nouvelles-de-dr-voggle-&-romaric-aubertin
/http%3A%2F%2Ffbcdn-profile-a.akamaihd.net%2Fhprofile-ak-ash3%2F158020_127295380687734_376508711_n.jpg)
Ecrivain Romaric Aubertin. 23 likes · 1 talking about this. Jeune écrivain varois de 19 ans en Terminale ST2S. Je prépare mon entrée en IFSI. Je suis passionné par l'écriture et me lance en m...
https://www.facebook.com/pages/Ecrivain-Romaric-Aubertin/127295380687734?ref=hl

