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Le Coeur du Paladin

par Romaric AUBERTIN

publié dans romaric aubertin , nouvelle

Le Coeur du Paladin

Une nouvelle fantastique qui devrait plaire aux fans d'Heroic Fantasy, de jeux vidéo, de jeux de plateau...

 

Le Cœur du Paladin

Je suis un preux Paladin qui protège ma cité durant les guerres de rivalité. Cela fait bien longtemps que je suis cette destinée, et pour cause, je vis dans un monde bourré de dangers ! J’ai commencé petit, faible, pas très apprécié et très vite mal jugé… tout cela appartient désormais au passé, car aujourd’hui, je suis vénéré et respecté. Comment ai-je fait ? J’ai accompli un tas de quêtes, cela m’a demandé beaucoup de tact, d’énergie, de temps… Parfois, j’ai même dû collaborer, mais qu’importe, j’ai tout achevé comme cela m’était demandé. Je ne suis jamais mort, et pour cause, sinon comment pourrai-je être à l’instant présent ? J’appartiens à un groupe de guerrier, une Guilde comme on l’habitude de dire, ils sont un brin braillards et bagarreurs, mais au fond, ce sont de bons compagnons pour qui je donnerai ma vie s’il le fallait. Je suis un guerrier qui a un sens aigu de l’honneur et du sacrifice, c’est normal après tout, je suis un Paladin. Qu’est-ce qu’un Paladin ? C’est un guerrier de genre défensif qui est empreint de religion, d’amour et de respect envers la vie, la création. Je ne suis donc pas un gros bourrin casse-gueule, plutôt quelqu’un de futé, d’habile et de protecteur. Mais aujourd’hui, je ne comprends pas ce qui m’arrive. Je me sens quelqu’un d’autre, je sens qu’il y a quelque chose qui m’échappe. Par moments, j’entends une douce voix en moi qui parle à je ne sais qui et parfois râle. Cette voix est si mignonne que j’arrive à imaginer la personne qui parle. Bon, bien entendu, elle ne s’est adressée directement à moi que de temps en temps, mais je me souviens parfaitement de chacune de ses paroles que je garde précieusement stockées dans un coin de ma mémoire. Qui est-ce ? Une fée ? Un esprit de la nature ? Une déesse ? J’aimerai bien le découvrir, j’aimerai bien la rencontrer, je suis passionné par cette femme inconnue. Perdu dans mes pensées, j’en oublie l’affrontement pour lequel je devais me préparer. Les trompettes sonnent l’arrivée de nos ennemis, je me dois d’être mêlé à la foule de guerriers pour sortir et défendre notre prestigieuse cité. Dehors, la mort attend les uns, la gloire attend les autres, il en est ainsi depuis une éternité, jamais nous refuserons d’affronter des ennemis qui veulent nous voir détruits ! Nous sortons lourdement armés en rangs serrés, nos porte-étendards passant les premiers. Le pont-levis était abaissé, les grilles étaient levées, mais tout ceci serait refermé une fois notre passage terminé. Nous passions tranquillement et silencieusement les portes de la cité, mais ne vous y trompez pas, nous bouillonnons d’un rage intérieure ! Mais pour la toute première fois, ce raid ennemi s’annonce particulièrement meurtrier. En effet, nous venons d’entendre des coups de canon déchirer l’atmosphère. Quelques secondes plus tard, les premiers boulets se fracassèrent contre nos portes, entamant légèrement les murs et tuant sur le coup certains malchanceux. Notre chef ordonne une charge générale et nous voilà tous courant vers nos ennemis que nous désirons réduire en charpie. Des volées de flèches et de plombs nous accueillir, blessant les uns, tuant les autres, effrayant les chevaux. Nos plus grands chevaliers tombent rapidement face à l’ennemi, moi, je me prépare à trancher des têtes aux côtés de mes frères d’armes. Nous venons tout juste d’arriver aux premières lignes ennemis, nous massacrons la piétaille qui se trouvent en face de nous, puis, repérant qu’un de mes alliés allait mourir, je le bouscule et prends la chape de plombs qui lui étaient destinés. Il me contemple, le torse ouvert, la bouche en sang, les poumons percés. Il me remercie et décapite les tireurs, quant à moi, j’agonise lentement en voyant mes compagnons se battre farouchement. Ils étaient courageux, admirables, mais pour moi l’aventure s’achevait. Je ne serai plus d’eux. J’entendis à nouveau la jolie voix féminine qui était mécontente, elle disait que c’était perdu, que ça allait lui prendre pas mal de temps de revenir, que l’ennemi était trop fort… Je ne cherchais pas à comprendre ce qu’elle voulait dire, il était impossible de ressusciter, alors, comment pouvait-elle soi-disant le faire ? Brusquement, je me sens transporté vers d’autres lieux, je perds connaissance.

En me réveillant, je ne savais où j’étais. Il me semblait que c’était la place de la ville, mais comment cela était-il possible puisque j’étais mort ? On me prévint qu’on manquait de défenseurs du côté de la porte Nord, je m’y rendis aussitôt et combattait aux côtés de gens de ma cité. Sur le coup, je ne compris ce qu’il se passait, puis, sitôt la bataille terminée, je me rendis à ma maison et me délassait. En m’allongeant sur mon lit, je me mis à réfléchir et à enquêter au niveau de cette douce voix que j’entendais, la personne m’apparue. C’était une belle femme d’une vingtaine d’année, accoutrée d’une façon que je ne connaissais guère, semblant être dans une chambre avec une multitude d’objets inconnus pour moi. Pensant fortement à elle car j’étais encore plus épris d’elle depuis que je venais de l’apercevoir, je désirais à tout prix la rejoindre. Cela se produisit miraculeusement ! J’entendis qu’elle pestait, qu’elle se demandait quelle était cette folie, comment avait-elle pu si soudainement perdre son personnage, je ne comprenais pas son langage mais je me dis que j’allais très vite tout savoir. J’apparus tout à coup derrière elle, étrange, elle semble être devant une machine qui affiche le monde où j’étais, quelle était cette diablerie ? Je lui pose une main sur l’épaule, elle sursaute. Effrayée, elle se retourne et étouffe un cri de terreur. Alors, je la prends dans mes bras et la rassure.

« Bonjour chère et tendre damoiselle. Vous n’avez point de raison d’avoir peur de moi, je ne vous veux aucun mal, mon cœur vous appartient. Depuis longtemps je vous entends, et je ne désire qu’une chose : être pour vous à jamais.
Désirez-vous me faire cette faveur, ou préférez-vous me briser le cœur ? »


 

"Ce texte a été déposé et est protégé en vertu de l'article L. 111-2 du Code de la propriété intellectuelle, loi du 1er juillet 1992."

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