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Le Pitre de la Rue Gibeau

par Romaric AUBERTIN

publié dans romaric aubertin , Nouvelle

Le Pitre de la Rue Gibeau

En ce premier Avril, puisque c'est le jour des blagues, je vous propose une nouvelle comique ! A vous de juger, et de, je l'espère, vous taper un bon gros fou rire ! ;)



Le Pitre de la Rue Gibeau

Salut la compagnie ! Je me présente : Frédéric, mais les enfants m’appellent le Grand Fred ! J’anime le quartier en faisant diverses pitreries, mais chut, c’est un secret ! Seuls les enfants savent qui je suis, pour les adultes, je suis Frédéric, un voisin plutôt discret et pas très intéressant. Cela me va, cette couverture d’ignoré me permet de leur jouer un tas de tours tous plus surprenants les uns que les autres ! Je suis le bouffon du quartier, le plaisantin qui les surprend à chaque instant. Tenez, suivez-moi ! Vous allez pouvoir admirer mon chef-d’œuvre. Voilà Germaine qui rentre, c’est la mégère du coin. Elle vit avec son chat noir dans la maison numéro neuf. Contemplez cette vieille chouette enlever ses chaussures trop petites pour ses gros pieds graisseux, enfiler ses chaussons datant de la guerre et poser son monstrueux fessier sur son vieux fauteuil en cuir tout essoufflé. Attendez, on ne va pas tarder à s’amuser ! Tiens, voilà son lunatique chat qui vient dans le salon ! On va se marrer ! Vous êtes prêts ? Hop, j’appuie sur ce bouton, et c’est parti mon kiki ! Regardez, écoutez ! Elle se lève d’un bond et grimpe sur son fauteuil à la vue de la souris qui sort par en-dessous. Son chat s’écrase au sol tête la première. Sa maîtresse, de par son poids, fait basculer en arrière son meuble et la voilà qui s’écroule les quatre fers en l’air ! Oh, elle remue ses jambes d’une telle façon qu’elle nous donne l’impression de pédaler, que c’est drôle ! Elle est affalée au sol et a dû mal à se relever. Il est temps d’en profiter. Bien, à présent, monsieur le chat, admirez l’instinct de pilote qui sommeille en moi, vous ne le regretterez pas ! Je conduis la souris télécommandée dans la pièce. Le chat la poursuit, lui bondit dessus, fait tomber un meuble et brise le vase posé dessus, se prend dans des fils électriques et arrache les prises en s’en dépêtrant, griffe les meubles en tentant de donner un coup de patte à mon gadget, renverse le verre d’alcool de Germaine, trônant sur la table basse, sur ses mots croisés, fait tomber la photo de son défunt mari en bondissant sur un buffet afin de tenter d’attraper ma souris en se projetant depuis ce dernier… La vieille se redresse, a du mal à arquer, puis, s’approchant de sa porte-fenêtre, elle est déséquilibrée par le chat qui se prend dans ses jambes et la fait tomber. Tentant de se rattraper dans sa chute, elle accroche ses rideaux et les déchire, finissant sa course sur le meuble de sa télé. Percutant de plein fouet son poste de télévision, celui-ci bascule sur un côté et s’écrase dans un grand bruit de fracas. Pour couronner le tout, elle se ramasse sur la tête la barre qui accrochait ses rideaux. Je suis plié en deux, mon plan a fonctionné à merveille ! Et bim, ça t’apprendre la vieille con à me faire chier à onze heures du matin, quand je dors, pour me dire que tu ne peux pas supporter d’habiter à côté d’un voisin qui vit avec une très belle dame ! A présent, changeons d’endroit, le prochain n’est pas très loin ! Attendez, c’est cette haie ou celle-là ? Bon, tant pis, je dis que c’est celle-là. Bien, me voilà posté, prêt à intervenir, guettant l’infortuné passant qui tombera dans mes filets. Oh, une proie de choix : monsieur Bertrand, celui qui n’est pas intelligent. C’est un glandeur de première, et un gars pas très futé par-dessus le marché ! La blague que je vais réaliser va fonctionner à merveille sur un cas comme lui. Le voilà qui passe, c’est le moment où jamais !

« Bertrand ! Psssst !
-Qui c’est qui me cause ?
-C’est moi, la haie !
-La haie ? C’est qui la haie ? Je ne connais pas de la haie moi !
-La haie, mais enfin, le buisson si tu préfères, pauvre abruti ! Approche-toi, plus près ! Tu m’obliges à gueuler tu sais ? J’ai un truc à te dire, c’est confidentiel.
-Ah ? Hein… Bon, je viens ! Mais tu me jures que c’est qu’entre toi et moi ?
-Oui, si je te le dis ! Tu veux devenir riche, non ?
-Oh oui, immensément !
-C’est dur de travailler ? C’est pas bon pour la santé, non ?
-Ah oui ! Ah non, ça c’est clair ! Le travail c’est la santé, ne rien faire c’est la conserver.
-Tu veux gagner de l’argent sans travailler, beaucoup d’argent ?
-Heu… Oui ! Oui ! Oui madame la haie !
-Je vais te révéler un secret : si tu plantes un billet en terre, il fera pousser un arbre à billets.
-Ah bon ? Mais t’es sûre ? Moi, je peux pas te croire, prouve-le-moi !
-Bon, puisque tu insistes, je suis une haie qui a de la valeur.
-Ah ouais ? Et comment ?
-Tu vois mes feuilles ?
-Ben oui.
-Tu n’as qu’à les arracher une par une, puis les compter méticuleusement. Il te faudra cent feuilles dans une bassine de cinq litre d’eau avec un billet de dix Euros pour le convertir en billet de cent.
-Mais, tu m’avais dit sans travailler !
-Je n’ai pas dit que tu n’allais pas devoir un peu te remuer le popotin. Tu veux tenter, ou tu préfères te dégonfler ?
-Ben, si c’est vrai, je veux bien essayer.
-Parfait ! Commence à m’effeuiller ! Prends-en le plus possible, plus t’en auras, plus riche tu seras ! »


Et voilà que Bertrand, crédule, se met à abîmer la haie des hippies du quartier. Ils me saoulent avec leurs airs niais à la guitare, j’ai hâte de voir leur tête quand ils s’apercevront que leur amie la plante est toute nue, hou, le choc qu’ils vont avoir ! J’en ris d’avance ! Bon, il est temps de passer à ma dernière plaisanterie de la journée. Zut, voilà des enfants à l’horizon ! Il faut que je me planque, autrement, ils vont tout me faire rater ! Je fonce dans le premier embranchement qui se présente à moi et laisse passer les gosses du quartier, puis rentre chez moi. Je me déshabille, enfile un vêtement de porteur de colis, et vais remettre un paquet à Angélique, la pétasse du quartier. Elle n’aime que deux choses : se maquiller, et plaire aux hommes. Je frappe à sa porte, elle m’ouvre.

« Eh, beau gosse ! Qu’est-ce que tu me veux ? »

Elle passe sa main sur son décolleté et le descend légèrement. Résiste Fred, résiste ! Tu n’es pas là pour ça !

« Un colis pour vous mademoiselle.
-Un colis ? Mais de qui ?
-Ah, ça, j’sais pas ! Y’a que votre adresse dessus ! C’est peut-être une erreur ?
-Et il contient quoi, ce colis ? Peut-être que tu serais plus rassuré avec quelque chose de connu ?
-Heu… du maquillage mademoiselle !
-Du maquillage ? Bas les pattes ! File-moi ça ! Il est à moi !!!
-Eh ! Doucement !!! »


Elle me l’arrache des mains exactement comme je l’avais prévu. Elle l’ouvre fébrilement, et boum ! Voilà qu’elle se reçoit en pleine face un gant de boxe lesté sur ressort.

« Mon… Mon œil ! Il est comment, mon œil ?
-Tout enflé ! Regardez-vous dans une glace ! »


Elle se réfugie dans sa maison, fermant sa porte à double-tours ? J’entends quelques secondes plus tard un hurlement de dément : ça y est, elle vient de découvrir son œil au beurre noir ! Et bam, bien fait pour l’allumeuse du coin !

Bon, ce n’est pas tout, mais je vais devoir vous laisser ! Je sens qu’ils vont apprécier ces vidéos à l’émission Vidéo Blagues ; je vais, à coup sûr, remporter le premier prix !

"Ce texte a été déposé et est protégé en vertu de l'article L. 111-2 du Code de la propriété intellectuelle, loi du 1er juillet 1992."

 

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