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Les Géants de la Forêt

par Romaric AUBERTIN

publié dans Romaric AUBERTIN , Nouvelle , Steampunk

Image tirée de Google Images: http://www.gazette-drouot.com/gif-magazine/gif-coeur/280610_geant.jpg

Image tirée de Google Images: http://www.gazette-drouot.com/gif-magazine/gif-coeur/280610_geant.jpg

Quelle sale histoire ! Voilà quatre jours que je suis sur place dans un village perdu au beau milieu de la forêt. Le gouvernement use de colons pour exploiter le bois d’arbres pullulant dans une immense forêt, mais suite à ces travaux de déforestation massive, d’inquiétants phénomènes se sont produits au fur et à mesure de la construction de nouveaux villages plus profondément ancrés dans la forêt. On signale des disparitions de bûcherons ou leur famille dans les bois, chaque jour plusieurs hommes, femmes ou jeunes gens disparaissent, appauvrissant un peu plus les communautés des environs en main d’œuvre. Afin de comprendre ce qu’il se passe, on m’a envoyé enquêter, moi le plus fin limier de toute la contrée, afin que je résolve cette affaire des plus délicates, me précisant que l’échec ne ferait pas parti de mon vocabulaire. Ils y vont bien, les technocrates, mais comment veulent-ils que je pourchasse quelque chose qui ne laisse aucun indice ? Personne n’a jamais vu ce que c’est, aucun rescapé n’est venu nous parler pour nous divulguer ce que nous devrions chercher, alors j’ai tendu moult pièges dans la forêt pensant que je chopperai peut-être un de ces trucs qui effraient tant que ça les villageois, en espérant que ce ne sont pas des spectres, théorie émise par le peuple mais réfutés par les énarques : mais oui, messieurs les beaux parleurs, ça se voit que pour ce qui est de diriger, vous vous y connaissez, mais pour le reste, vous n’êtes pas des hommes de terrain, aussi permettez-moi de douter de vos assertions douteuses ! C’est ainsi que je décrète que le fruit de mes recherches pourraient être quelconques âmes errantes.

Un bip, signalant le déclenchement d’un de mes pièges, se met à sonner. Je me renseigne quant à sa position et ne m’y rends pas sans mon bon vieux fusil qui ne m’a jamais fait défaut ! Je suis d’avis que ce ne doit être qu’un animal qui ait pu tomber dedans, mais bon, par précaution, mieux vaut être bien armé que de compter uniquement sur sa politesse et sa bonté… J’enfourche un canasson, monture appropriée en ces bois tortueux, afin de rejoindre la destination ciblée.
Apercevant la carrure d’un géant qui s’est de tout son long étalé, je descends de cheval et l’attache à un arbre non loin. Bigre, la prise est de taille ! Pas étonnant que personne n’en soit jamais revenu. Ce qui est curieux est que ce géant ne détruisant par la végétation sur son passage, je ne sais comme il se débrouille, peut-être qu’il se déplace précautionneusement afin de ne pas l’abîmer ? Mais il est sot de vouloir lui prêter de bonnes intentions, je m’approche de lui, prêt à tirer, jusqu’à distinguer un martèlement intempestif au raisonnement métallique. Dubitatif, je cherche d’où provient ce bruit, et tombe subitement, nez à nez, avec un nain barbu qui est occupé à réparer ce géant qui n’est autre qu’une machine lui servant à se déplacer. Furieux, je désire l’arrêter pour l’interroger, mais ce personnage, surpris par ma présence, veut dégainer son arme. Moi, d’un geste défensif, lui fait sauter la boîte crânienne : il n’y a plus rien à en tirer.

Comprenant que ce à quoi on doit s’attaquer sont de géantes machines, un comble pour leurs nains de pilotes, je fouille le cadavre de ce mal embouché et découvre une carte et d’autres indices qui pourraient s’avérer utile. Je m’attarde aussi à comprendre la machine, ressemblant à s’y méprendre à un humanoïde, et remarque que les nains montent jusqu’à la cabine de pilotage, située dans la tête, par l’intermédiaire d’une échelle intérieure planquée dans le pied droit. Astucieux ces petits bonhommes, dommage qu’ils se servent de leur science pour nous assouvir ! A ce sujet, je ne peux m’empêcher de regarder en travers les documents que j’ai récupérés, et voilà que je lis entre autres qu’ils s’emparent de mes compères pour les enfermer dans des fermes où ils les élèvent, les tuent pour les cuisiner, élaborer des remèdes pharmaceutiques, ou je ne sais quoi d’autre qui les aide dans leur quotidien.
Ces misérables petits énergumènes ressemblent presque trait pour trait aux géants des mythes qu’on vous narre lorsque vous êtes enfant, mais pour la mentalité seulement : en l’occurrence, tout n’est pas qu’une question de taille !...



"Ce texte a été déposé et est protégé en vertu de l'article L. 111-2 du Code de la propriété intellectuelle, loi du 1er juillet 1992."

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