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Ma sanglante maman

par Romaric AUBERTIN

publié dans romaric aubertin , nouvelle

Ma sanglante maman

Et une nouvelle de plus, axée sur la folie et le surnaturel ! On passe à la dose supérieure dans le thème de l'angoisse. L'esprit humain peut être complexe, encore plus quand il n'est que folie !

 

Ma sanglante maman

Qui suis-je ? Un petit homme d’une trentaine d’année qui bosse en tant que plombier. Ma vie rime plutôt avec train-train quotidien… Rien de bien excitant ! Telle est ma vie, ma vie de chiotte. Je suis excédé, je n’en puis plus. Comment je m’appelle ? Guillermo, mais tout le monde m’appelle Guigui ! D’ailleurs, beaucoup s’amusent à me surnommer : Guigui, le bibi pour se foutre de moi ! Je les emmerde profondément, ces petits excréments, qu’ils aillent tous se faire mettre profond ! Mais aujourd’hui, tout va changer ! J’ai obtenu depuis peu le numéro d’une femme que j’ai rencontrée… Elle est si belle, cette jolie rousse, avec ses cheveux bouclés !... Une belle femme merveilleuse, toute fine, toute charmante, qui s’intéresse un peu à moi. En fait, je ne sais exactement ce qu’elle veut, elle m’a rencontré lorsque je jouais un show comique pour un spectacle. Oui, m’enfin, un modeste spectacle où je participais en tant que bénévole !... Ce n’est pas du grand art, certes, mais ça a suffi à la séduire. Je suis un homme suffisant ? Je l’avoue, je suis comme ça. Un plombier ne se suffit-il pas à lui-même ? Après tout, avons-nous besoin de quelqu’un ou quelque chose ? La triste réalité est que oui… Depuis que j’ai perdu ma mère, je cherche à la remplacer par tous les moyens. J’aimerai qu’elle revienne, elle m’a tellement manqué !... Je me souviens de l’orphelinat, j’y suis allé à dix ans, je maudis l’état ! Me foutre là-dedans ! Et je haïs mon père qui m’a abandonné à mon triste sort en refusant de me reconnaître ! Si je le retrouvais, je le tuerais ! Mais revenons à cette femme, vous désirez sans doute savoir son petit nom ? Elle s’appelle Ludivine. Lu-di-vine, je me fais un plaisir d’épeler lentement son joli petit nom, il est si bon ! J’adore, c’est si beau à entendre ! Ce soir, elle doit venir me voir. Dîner aux chandelles ? En quelques sortes ! Il faut que je me prépare, que je me fasse tout beau, que je prépare la maison. Mince ! Elle doit arriver dans quelques minutes ! Juste le temps d’enfiler un costume avec du déodorant et ça fera l’affaire ! Je m’habille en toute hâte, à peine ai-je fini que j’entends le carillon de la sonnette. La voilà, Ludivine ! Je m’empresse d’ouvrir la porte.

« Bonsoir, Ludivine !
-Bonsoir, Guillermo.
-Comment vas-tu ?
-Bien, mais il fait un brin frisquet, tu me fais entrer ?
-Oh, excuse-moi, je suis confus !
-Dis donc, c’est propre chez toi, pour un homme !...
-Je, heu… oui, je suis assez maniaque !
-J’espère que tu assures pour le reste. C’est bien un homme de ménage, mais il faut qu’il soit homme malgré tout.
-Oui, bon, laisse-moi te prendre ta veste et te faire asseoir !
-Volontiers ! Tu es serviable ! J’aime ça. »

J’accroche sa veste et on entame le dîner qui n’est pas fameux d’ailleurs… J’ai fait griller la viande, l’accompagnement n’est pas assez cuit, le vin est amer, le fromage est sec, le dessert a un goût de moisi… Mais Ludivine, dans toute sa gentillesse, ne me le fait pas remarquer et sourit tout le long, mais je sais que son sourire est factice. Comment je le sais ? Suivez attentivement ce qu’il va se passer. Je la prends par la main et lui dit que j’ai une surprise pour elle. Tout à coup, elle est animée d’une énergie nouvelle et attend impatiemment, toute excitée. Je l’entraîne à ma suite dans le couloir, et nous nous stoppons devant une porte fermée à clef. J’ouvre, tout est sombre. Elle ne voit rien. Je lui dis d’avancer, referme la porte, puis subitement allume la lumière. Elle retient un cri de dégoût ! En face d’elle, une photo d’une femme d’âge mûre sur son lit de mort dans sa robe de mariée trône au milieu d’un pentacle entouré d’un cercle. Des bougies éteintes sont dressées contre ce mur. A sa droite, une armoire avec un miroir, à gauche, une commode avec des affaires de maman. Elle passe un doigt sur les meubles.

« C’est si poussiéreux ! A quoi ça rime tout ça ? Et pourquoi ce signe sataniste ? Tu fais quoi comme rites ici ? T’es barge ou quoi ? C’est quoi ton souci ?
-Depuis que j’ai perdu ma mère, elle ne cesse de hanter mon esprit. Je voudrais tellement qu’elle revienne, mais j’ai compris comment la voir un petit brin de temps ! Il a juste fallu que je réalise ce petit autel, rien de plus ! Quelques incantations, et la voilà qui sort de ce miroir !
-Mais il est fou !
-Tu veux que je te montre ?
-Non, je ne préfèrerai pas ! S’il te plaît, laisse-moi sortir.
-Tu n’aimes pas ?
-Non, je suis dégoûtée ! Laisse-moi sortir, je t’en prie ! Mes nerfs vont lâcher !
-Bon, très bien ! Puisque c’est comme ça… »

Intérieurement, je pense que ce n’est qu’une petite ingrate qui mérite une bonne leçon. Elle veut rentrer chez elle, mais je la supplie de rester. Elle finit par accepter. Alors, je m’isole un petit moment dans la pièce contenant l’autel.

D’un coup, au salon, toutes les lumières s’éteignent. Ludivine commence à paniquer. Elle sent des courants d’airs glacés qui parcourent la pièce, la frayeur monte en elle. Elle ose prononcer à mi-voix : « Guillermo, que se passe-t-il ? », puis apparut derrière elle une personne vêtue d’une robe de mariée. Se retournant doucement, Ludivine failli avoir un arrêt cardiaque. Elle reconnut Guillermo, déguisé en mariée. La robe semble cependant grandement abîmée, comme si elle provenait d’un cadavre. Les yeux de Guillermo ont changé ! Ils sont grands et noirs. Il prononce des mots incompréhensibles d’une voix d’outre-tombe et se met à hurler. Ludivine se bouche les oreilles et pleure toutes les larmes de son corps. Elle est propulsée contre un mur. Se relevant, elle ne voit plus Guillermo mais entend un bruit de tronçonneuse. Elle veut fuir mais se prend les pieds dans le tapis du salon et s’écroule. Guillermo réapparaît, sa tronçonneuse en main. Il avance d’un pas d’automate, lent mais ferme, en direction de Ludivine. Il est résolu à la trucider. Elle le supplie d’arrêter cette folie, mais il ne l’écoute pas. Guillermo ne semble plus. Saisissant ses cheveux, il la scalpe d’un coup de tronçonneuse. La douleur la fait hurler. Il lui met son scalp dans la bouche afin de la faire taire et la découpe lentement, de bas en haut. Son supplice dure longtemps, car la chaîne est rouillée et l’engin, plutôt vieux, a de nombreux ratés. De plus, la chaîne ne tourne pas très rapidement. Une fois sa funeste besogne terminée, Guillermo s’assied dans son fauteuil.

« Tu vois maman, tu peux être fière de moi. Les putasses qui ne te respectent pas, je m’en débarrasse ! Il n’y a que toi qui mérite mon amour, ma petite maman, car toi tu m’aimais et tu m’aimeras toujours ! Si elles veulent une place dans mon cœur, elles doivent accepter qu’elles ne soient jamais plus importantes que toi ! Bon, tu m’en veux ma petite maman ? C’est vrai, il faut que je trouve la bonne qui t’accepte pour que tu prennes possession de son corps ! On pourra se marier, ce n’est pas bien ma petite maman ? Car toi, tu ne me tromperas jamais, car tu m’aimes, hein que tu m’aimes, hein ? »


"Ce texte a été déposé et est protégé en vertu de l'article L. 111-2 du Code de la propriété intellectuelle, loi du 1er juillet 1992."

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T
Bonjour.<br /> J'ai vu un vieux commentaire de votre part sur le site Creepypasta from the Crypt (dont je suis l'un des administrateurs et collaborateurs réguliers) et ai décidé de voir de quoi vous étiez capable pour vous juger écrivain et même déposer vos œuvres (et peut-être aussi dans l'espoir de voir quelques de vos textes publiés mais pour ça faut voir un peu). Ceci est la première nouvelle de votre part que je lis.<br /> <br /> Aussi, je vais me permettre quelques remarques et conseils. Ne jugez pas que je vous prends de haut: sur le forum de CFTC, je passe en fait le plus clair de mon temps à commenter et corriger les textes des autres auteurs, ceci à seule fin de les améliorer et d'éviter de publier de la mauvaise copie qui fait hurler les lecteurs (hurler, mais non de peur!). Et si ce que je dis s'avérait obsolète, si vous vous étiez amélioré dans les domaines que je pointe présentement, je m'en excuse...<br /> <br /> Bref, voici:<br /> -ça peut sembler bête à dire, mais la présentation d'un texte est primordiale. L'absence d'alinéas, le trop petit nombre de paragraphes rendent la lecture inconfortable et gênent l'immersion. Je pense que certaines idées auraient été mieux mises en valeur via des sauts de ligne.<br /> <br /> -peut-être une audace qui m'échappe? Toujours est-il que vous passez, en plein milieu du texte, de la première à la troisième personne... Que ce soit ou non voulu, ça sonne comme une faute grave.<br /> <br /> -enfin, puisque Guillermo découpe &quot;lentement&quot; la dame, il aurait été bon de développer davantage ce passage -et en particulier préciser comment il s'y prend; je doute que, même percluse de terreur, la victime ne cherche pas à s'enfuir: l'a-t-il attachée? etc...<br /> <br /> <br /> Cela étant, l'idée est bonne. Je pense que je vais retenir l'adresse.
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