Maman ! J'ai rétréci papa !
Je m’appelle Philippe et suis scientifique. Je réalise divers projets dans mon laboratoire situé dans mon garage. Je suis un éminent génie qui travaille chez moi, si, je vous le jure ! Je n’ai pas besoin de grand-chose, que ce soit en protection ou en matériel, mon cerveau est capable de s’adapter à toute situation, cela me permet de donner le change et de travailler en toute sécurité, étant donné qu’on me prend pour un bon père de famille bricoleur ! J’adore ma vie, je suis ici à l’abri des regards indiscrets et cela me plaît. Je peux à loisir m’occuper de ma petite famille sans jamais les mettre en danger, car si quelqu’un veut les capturer pour me faire chanter, il ne les trouvera jamais, car personne ne sait que je suis bien caché sous cette fausse identité. Seule ma femme sait qui je suis réellement, à part elle, personne d’autre. Bon, d’accord, il est vrai que la communauté scientifique se demande bien où je travaille, mais mon patron, qui est un chic type, attribue un faux poste à un vulgaire idiot auquel on a donné ma véritable identité de bureau. Bon, attention, cela n’est valable que sur le lieu de travail où je devrais être, pas ailleurs ! Je mène moi-même mes propres conférences, on ne collerait pas cette tâche à un abruti ! Tenez-le vous pour dit ! A présent qu’on a un peu fait connaissance, il serait temps que je vous parle de cette fâcheuse histoire qui m’est arrivée. Un mercredi après-midi, mes enfants étant à la maison, le plus petit est venu voir ce que je faisais. Je lui permis de me regarder à l’œuvre, en lui précisant bien de ne pas toucher à ce qu’il voyait, mais comme vous le savez, à quatre ans, les interdits sont vite bravés ! Ce petit rusé a commencé à tripatouiller un tournevis automatique. Je n’aime pas qu’on touche à mes inventions, surtout aux modèles uniques ! Je voulais lui enlever des mains, mais il se mit à courir. Je le poursuivis, et voilà qu’il lança mon invention et porta son attention sur un pistolet laser. Il me mit en joue, pensant que c’était un jouet. Il appuya sur la gâchette, je dus esquiver le tir qui rebondit plusieurs fois, et voilà que cette andouille se mit à tirer de partout pour faire des ricochets ! Je suis arrivé à l’approcher et à lui confisquer cette dangereuse arme, mais sitôt avais-je le dos tourné qu’il se mit à détraquer un humanoïde sur lequel je travaillais. Je mis pas mal de temps à le désactiver, ce dernier était furieusement déchaînés et m’a donné quelques bons coups dont je me souviens encore, mais ce n’était pas le pire de tout ce que j’ai subi ce jour-là. Cette fois, ce bougre jouait sur ma plateforme de miniaturisation ! Je courus le sortir de là, mais voilà qu’au moment où j’allais le saisir, il bondit hors de la plateforme, atteignit le panneau de contrôle et abaissa le levier. Je fus instantanément miniaturisé par le rayon violet qui sortit de trois tuyaux différents disposés en arc de cercle. Ce fût le comble de tout : j’étais à présent dans un effroyable pétrin. La première chose à faire était de me mettre en sécurité, mais voilà que mon infernal bambin se mit à s’approcher de la plateforme, m’appelant, me cherchant… Je le vis prendre pied sur la plateforme. Je m’enfuyais aussitôt, ne désirant pas finir écraser sous ses semelles, et voilà qu’il me marcha dessus ! Heureusement pour moi que les semelles des chaussures ne sont pas plates, je fus sauvé par l’un des interstices présent, autrement, j’aurai fini en bouillie ! A présent écarté du danger, il me fallait communiquer. Travaillant sur la micro robotique, je parvins à mettre en route une sorte de petit robot à l’apparence humanoïde, destiné à servir comme d’un agent informatif et exécutif de poche. Une sorte de couteau-suisse électronique, destiné à rédiger des messages qu’on lui dicte et les envoyer par mail ou par téléphone, passer des appels, gérer les robots de sa maison, son compte bancaire, trouver une information dont on a besoin, et tout cela, bien entendu, sécurisé, afin que personne autre que le propriétaire ne puisse s’en servir ! Je lui demandais donc d’envoyer un SMS à ma femme expliquant la situation. Elle rentra dès que possible et me trouva près de mon invention. Avant de me rendre ma taille normale, elle consola notre petit qui pleurait depuis un long moment, pensant qu’il m’avait tué ou ne me reverrait plus jamais… Il m’avait d’ailleurs percé les tympans avec ses cris aigus, quelle plaie ! Non content de m’avoir rétréci, il avait failli m’écraser, et continuait ses sottises en m’assourdissant ! Bon, une fois ma taille retrouvée, je ne me suis ni vengé, ni fâché, j’ai préféré laisser couler et passer du temps avec mon épouse que je chéris grandement. Depuis cet incident, plus personne, hormis ma femme, n’a le droit de pénétrer dans le labo. J’ai même réalisé à cet effet un système n’ouvrant qu’à ma femme ou moi, on n’est jamais trop prudent !
Mis à part ça, j’aime ma carrière d’inventeur, ainsi que ma petite famille, et je n’échangerais ni l’une, ni l’autre !
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