Rave Party
Une fête sauvage s’est installée dans la clairière d’un magnifique plateau ensoleillé, nous sommes en Juillet, les autorités n’ont pu empêcher les raveurs de dresser leur tente et mettre en place le matériel. Tout marche sur la solidarité chez ces gens-là, ils sont tels les hippies : des êtres rebelles empreints de liberté voulant s’amuser en imposant leur son, leur activité partout où ils passent. Les forces de l’ordre sont mobilisées autour du camp afin de contrôler les fêtards qui affluent en permanence : objectif zéro drogue, mais vous me direz, ça, c’est une utopie ! En effet, des petits malins arrivent toujours à se faufiler pour consommer ou refourguer leur merde, c’est ça la vie ! Des secouristes ont été dépêchés sur place et sont arrivés avec quelques médecins, la prévention étant le maître mot de notre société, ils n’eurent guère le choix. Ils firent tout leur possible pour limiter la casse, mais ne purent raisonner cette effroyable meute dont le leitmotiv était : NO LIMIT. Les raveurs dansent, boivent, et entrent en transe sur des morceaux de musique électronique ne comportant presque aucune parole, raison pour laquelle beaucoup de fêtards du samedi soir se demandent comment ils peuvent se déhancher sur ces titres au rythme barbare et répétitif.
Justin était un de ces raveurs, mais en plus, un de ceux qui aiment se déconnecter de la réalité en employant des produits interdits. Il avait monté sa tente avec ses deux copines, car, comme vous pouvez vous en douter, ces gens-là brisent les codes de nos sociétés afin de montrer qu’ils sont libérés de leurs chaînes. Après avoir copulé toute l’après-midi, ces trois personnes à l’hygiène douteuse s’apprêtaient à rejoindre leur horde pour danser trois jours durant. Afin de débuter la fête en beauté, et de tenir tout au long de cette première soirée, Justin a ingéré une sorte de pastille très colorée. C’était une nouvelle façon d’introduire de la drogue, indécelable par les unités canines car emprisonnée sous une bonne couche de sucre : de quoi allier confiserie et défonce. Les consommateurs les appelaient d’ailleurs, principalement à cause de leur forme, les hosties du Père Colateur. Justin, quelques minutes plus tard, se dit qu’il ferait mieux d’être prévoyant : il en avala donc une autre, puis une seconde. Il aurait trois journées à tenir, autant prendre ses herbes maintenant ! Il en passa seulement une à chacune de ses accompagnatrices, sait-on jamais, les filles peuvent être plus réceptives.
Ils se trémoussèrent des heures durant tels des zombies, complètement abrutis par un tempo emplit par moments de binaural beats, procédé permettant d’en quelque sorte manipuler l’esprit des gens en leur faisant ressentir différentes émotions selon la fréquence hertzienne employée. Justin n’était qu’un être en transe parmi tant d’autres, la seule différence était qu’il avait usité une substance assez forte pour planer plus rapidement et plus facilement que ses confrères. Justin n’était plus dans ce monde, il se voyait ailleurs, dansant au-dessus des nuages au son d’une musique dynamique, merveilleuse, envoûtante. Justin était bien, il ne pensait pas être attiré par un son semblant serein, paisible, beaucoup moins brutal que ce qu’il avait pu entendre par le passé. Il s’était calqué sur le rythme de la musique et n’en bougeait pas, n’en décollait pas d’un poil, mais voilà que tout sembler s’effondrer et qu’il se mit à dégringoler depuis là où il se trouvait.
Il retomba sur Terre, mais la planète n’en désirant plus, elle s’ouvrit afin de laisser s’enfoncer Justin en son sein. Dégringolant pendant d’interminables minutes, il ne fût soulagé que lorsqu’il sentit une profonde douleur dans la poitrine lorsqu’il s’écrasa sur un sol dur et chaud. Il était dans un réseau de vastes grottes éclairaient par une lumière tamisée, de couleur orange. L’atmosphère était suffocante, il se demandait bien comment il ressortirait à la surface, mais lorsqu’il entendit à nouveau des partitions musicales, il ne pût résister à la tentation de se trémousser comme un fou sur ce tempo endiablé : il était à nouveau en transe.
-Attention, restez bien à l’écart ! On dégage ! Rechargez. On dégage !
-Ca ne donne rien, on continue le massage cardiaque ?
-Allez-y, on doit s’efforcer d’y arriver même s’il n’y a pour le moment aucun résultat.
Justin était allongé sur le sol, trois secouristes autour de lui. La police, en grande tenue, s’occupait de faire cesser le spectacle et dégageait à grand coup de matraque les fêtards qui s’étaient appropriés ce coin de nature. La Rave Party était belle est bien terminée, les deux compagnes de Justin pleurèrent à ses côtés, hurlant de toutes leurs forces contre l’infortune de la vie. Quelques raveurs, attristés par leur détresse, vinrent s’occuper d’elles et tentèrent de les calmer. Elles vomirent sur le sol, finirent par s’endormir visiblement saoules et droguées.
-Il n’y a plus rien à faire, il ne repart pas. Préparez le sac mortuaire.
-Heure du décès ?
-Quatre heures cinquante-sept. Individu paraissant âgé d’une trentaine d’années décédé d’overdose, recherche de papiers en cours.
Justin, tout en dansant dans son sous-sol, eût une vision le montrant affalé sur le sol, des individus lui prodiguant les premiers soins, mais il en souriait car il se disait : -Sacré trip, ça, c’est d’la bonne ! J’en reprendrai bien pour les prochaines fois.
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