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Eternellement votre

par Romaric AUBERTIN

publié dans Romaric AUBERTIN , Nouvelle , Fantastique

Image tirée de Google Images: http://1.bp.blogspot.com/_6RO6XRYqsFk/TCXXFj6_pcI/AAAAAAAAAYQ/JDlUX6Bvb70/s1600/eternelamour1.jpg

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Je commence à m’éveiller, dormant à moitié en ronflant, plongé dans de doux rêves satisfaisants. J’ai mal à la tête, je suis trop fatigué pour ouvrir les yeux, j’ai l’impression que mon cerveau est une purée qui navigue dans mon crâne. Grommelant, je plonge ma tête dans l’oreiller en me recroquevillant, me cajolant contre ce bout de tissu qui me sert à me libérer du  trop-plein de chagrin que je porte en moi. Pourquoi suis-je triste d’ailleurs ? Je suis trop bourré pour le savoir : lendemain de cuite prise le vendredi soir, c’est pas beau à voir ! On parlera même pas de l’haleine de chacal due à l’excès d’alcool que je rejette par tous les pores.
Je désire me rendormir pour soigner ce mal de tête prodigué par ma cuite et la fatigue, mais quelqu’un me caresse le visage, ce qui a pour effet de me chatouiller et donc, de ce fait, de me déranger. Je lâche par habitude : -Pas tout de suite Marine, s’il te plaît : je suis mort.

-Parle pour moi, pas pour toi !
Je sursaute et ouvre un œil, puis l’autre. Marine est couchée à côté de moi, ses yeux vitreux me contemplent, sa main blanche, dont je ressens subitement la fraîcheur, me caresse les cheveux. Malgré mon taux d’alcoolémie, je me remémore son récent décès. Comprenant que c’était une revenante que j’avais en face de moi, je hurle de toutes mes forces en voulant me lever mais sans y parvenir, en fait, même mon cri n’est pas sorti de mon corps. Je suis immobilisé, je trempe mon lit d’urine, j’aperçois la peau de Marine lentement se décomposer, m’apparaissant à chaque seconde plus hideuse, et c’est le fait de déféquer qui me tire de ma torpeur.
Quel affreux cauchemar, et dire que le grand garçon que je suis a souillé sa couche ! Je m’apprête à tout nettoyer lorsque ma main rencontre quelque chose sous les draps, je tire l’objet en question : c’est la chaîne préférée de Marine, celle avec laquelle elle fut enterrée ! J’ouvre le cœur en or accroché après et constate que notre photo y figure toujours, mais une inscription en très belles et fines lettres fut ajoutée : Eternellement votre.



"Ce texte a été déposé et est protégé en vertu de l'article L. 111-2 du Code de la propriété intellectuelle, loi du 1er juillet 1992."

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