La Gertrude
Toujours dans le genre nouvelle à lire le soir pour se détendre, voici La Gertrude ! Voici une mini-aventure qui prend des traits de chasse au trésor, et quel trésor ! Inestimable ! Il y a une belle petite leçon à tirer de cette histoire. ;)
Créateur: Dr Voggle
Correcteur: Romaric Aubertin
La Gertrude
Plongé profondément dans mon sommeil, alors que j’allais tendrement embrasser cette magnifique blonde aux yeux clairs, je me fis horriblement réveiller par la sonnerie de mon téléphone. Comme un ours, je grognais pour revendiquer ma colère, mais à la vue du numéro de Cindy, ma copine, je m’empressais de répondre.
« Allô ! Qu’est-ce qui te prends de m’appeler à une heure si tardive ? » Lui dis-je sur un ton exaspéré.
Mais mon humeur maussade redescendue aussitôt lorsque j’entendis sa jolie petite voix.
« Julien, excuse-moi, mais il faut que tu viennes chez moi tout de suite ! »
Je ne cherchais pas à comprendre et acceptais sans broncher l’invitation, d’une part parce que c’est ma copine, et d’autre part, peut-être aurais-je droit à un moment de tendresse avec elle ?
Je m’habillais rapidement, en prenant n’importe quel vêtement qui trainait un peu partout dans l’appartement, un vrai bordel comme tous les mecs !...
Après avoir couru dix minutes de pièce en pièce pour retrouver mes clefs qui étaient tout simplement dans la poche de mon pantalon, je fermais la porte à double tour, descendais sur le parking et montais dans ma voiture.
Dans un grincement de pneu, et un rugissement de moteur, je démarrais en trombe, pressé de retrouver ma dulcinée. Sans contrôle, ni radar, il me fallut que quinze minutes pour parcourir les soixante kilomètres qui nous séparait. Arrivé devant chez elle, je frappais à sa porte. Doucement, elle s’ouvrit et me sauta chaleureusement dans les bras ( Cindy, pas la porte ! ) puis m’embrassa. Elle m’emmena dans la cuisine, où sur la table se trouva une lettre. « Regarde, c’est une lettre de mon grand-père. » me dit-elle. Je m’asseyais confortablement sur une des chaises, puis déployais la lettre et lu :
Dans Ce pénates réside mon plus grand bien, il suffit de regarder au sol tout est indiqué.
« C’est bizarre que ton grand-père ait pu écrire une lettre pareille ! Lui qui d’habitude était plutôt grippe-sous !
-Attends » me disait-elle « Tu n’as pas tout vu !! »
Elle se retourna, et de son placard sortit un sac remplis de morceaux de bois qu’elle dispersa sur la table en deux parties. Il y avait deux morceaux bien distincts, l’un écrit, l’autre avec des dessins abstrait. Nous décidâmes de commencer par la partie écrite vu que les morceaux étaient moins nombreux.
Au centre, la solution, de voir, mais, le cœur, c’est renversant, est. C’est vrai qu’avec des mots pareils, la tâche n’allait pas être facile. Je lui demandais où avait-elle bien pu trouver tout ça. Elle me répondit qu’aujourd’hui, quand elle a voulu restaurer la maison actuelle, héritée de ses parents, les entrepreneurs ont cassé un mur pour agrandir le lieu de vie et sont tombés sur une petite boîte à sucre, où était enfermé ce papier.
Pour les morceaux de bois, ils étaient tout simplement sur le plancher, cachés par la moquette.
Nous nous lançons cœurs et âmes pour trouver le sens correct de cette phrase. Après quelques essais hasardeux, nous arrivâmes à la conclusion que la phrase ne pouvait qu’être :
Le cœur est au centre, mais c’est renversant de voir la solution.
Même avec la phrase reconstituée, nous n’avançâmes pas d’un point, nous nous mimes donc à essayer de résoudre l’autre partie faites de traits, de grosseurs et de formes différentes.
Cette centaine de petits morceaux devant nous nous laissait perplexe. Ce puzzle impossible nous laissait de marbre. Mais un petit détail, que seule Cindy remarqua, sur un des morceaux de bois, en son centre, parmi tous ses traits, laissa paraître, en y regardant bien un cœur. Je me demandais comment elle avait bien fait pour remarquer un détail pareil, car la taille des morceaux ne dépassait pas un centimètre.
Sans se concerter nous eûmes le même raisonnement. Le cœur au centre, mais c’est renversant de voir la solution qui raisonna dans la pièce en double ton.
Nous nous mîmes au travail et commençâmes ce casse-tête avec le cœur au centre. La partie fût bien plus facile avec ces indications, il représentait un dessin d’un vieux bateau. C’est tout !! Juste un petit dessin ! Exclamons-nous étonnés, tout ça pour ça ??
Nous regardâmes avec déception ce graffiti, interrogatif. Pourquoi avoir fait tout ça juste pour un dessin, c’est absurde ! Sortie de nulle part, Albert le chat monta sur la table et fît tomber quelques morceaux par terre. « Fais attention !! » dit Cindy sur un ton énervé. Le chat partit de la cuisine et alla se cacher sous un meuble.
Ramassant les petits morceaux par terre, un détail me choqua. Les deux faces sont dessinées. « Reprenons tout à zéro et refaisons le dessin, mais à l’envers cette fois-ci. » lui suggérais-je.
Oui mais comment refaire le dessin à l’envers sans avoir le cœur au centre pour nous aider ?
« J’ai une idée !! » me disait-elle. « J’ai vu dans un film une histoire de dessins cachés en regardant le reflet dans un miroir, on a qu’à faire pareil ??
-Excellente idée !! » lui dis-je.
Dans la salle à manger se trouve un cadre, nous le démontâmes puis plaçâmes le dessin sur la vitre de celui-ci, qui par transparence laissa apparaitre un esquisse.
« Oh ! On dirait un plan d’architecte ! Remarquais-je ! On dirait même le plan de ta maison ! »
Et là tout de suite, notre périple nocturne devenait tout de suite plus excitant. Regardant de plus près, nous remarquâmes une croix dans une des pièces de la maison. Une pièce qui se trouve au premier étage de la demeure.
« Allons-y ! » me dit-elle. On a toute la nuit devant nous.
Effectivement, il est trois heures du matin et la nuit risquait d’être longue. Nous montâmes à l’étage et arrivâmes devant la fameuse pièce. Cindy ouvrit la porte qui donnait sur une pièce vide.
« Que faisais ton grand-père dans cette pièce ? » lui demandais-je.
« Je ne sais pas. » me répondit-elle. « Tout ce que je sais, c’est qu’il restait des heures entières enfermé ici, personne ne devait le déranger.
-Regardons encore une fois le plan, on a peut-être omis un détail ! » suggérais-je.
Nous passâmes le plan au peigne fin. Je me rendis compte d’un tout petit détail qui n’avait rien de flagrant, vue la qualité du dessin, mais il me semblerait bien que sur le plan, la pièce paraisse plus grande. Retournons dans la pièce et inspectons-la !
Nous nous mimes à fouiller la pièce d’une moindre petite chose suspect. Désespéré, au bout de vingt minutes, alors que j’avais abandonné toute espoir, le silence pris fin par les appels de Cindy, toute émoustillée d’avoir trouvé quelque chose.
« Julien ! Julien ! Viens voir ! Je crois que j’ai trouvé quelque chose ! »
Je m’empressai de la rejoindre car l’ennui en moi venait de naître, et puis j’étais curieux de savoir ce qu’elle avait bien pu trouver. Elle me fit remarquer dans le mur un petit trou triangulaire. A mon avis, cela doit être la serrure d’une porte qui donne sur une pièce secrète. « N’as-tu pas de tournevis ? » lui demandais-je. Elle partit dans le débarras et ressortie avec différents tournevis. « Trouves-tu ton bonheur ? » me demanda-t-elle. Je pris le plus fin et lui dis « Celui-ci devrait faire l’affaire. ». J’introduisis l’outil dans la fente pyramidale et tournai. Un petit clac se fit légèrement entendre. J’ouvris lentement la porte qui donna sur une petite pièce sombre. Je cherchais à tâtons l’interrupteur qui pourrait illuminer cette mystérieuse pièce. Parmi les toiles d’araignées et la poussière sous mes doigts, je sentis une sorte de boitier avec un bouton. J’appuyai sur celui-ci, et à notre grand émerveillement, cela éclaira un trois-mâts fait de bois et d’or, qui portait le drôle de nom de Gertrude. Cindy se serra contre moi. Malgré sa généreuse poitrine, je sentis son cœur battre fortement en admiration de cette merveille. C’était la plus belle chose que j’ai pu voir jusqu’à maintenant. Rien n’était à redire, tout était parfait. Nous restâmes une heure bouche bée à contempler ce chef-d’œuvre. Les jours passèrent… Les travaux finis, nous plaçâmes Gertrude dans un présentoir de verre en plein milieu de la salle de séjour avec l’inscription suivante :
Souvenir de grand-père, qu’il puisse vivre avec nous au travers de cet objet. Merci grand-père, nous ne t’oublierons jamais !
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