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L'Orbe de Kjïnn - Chapitre Premier - L'Auberge

par Romaric AUBERTIN

publié dans L'Orbe de Kjïnn , romaric aubertin , lok

L'Orbe de Kjïnn - Chapitre Premier - L'Auberge

Premier chapitre de L'Orbre de Kjïnn. Que va-t-il advenir de Frank et Tanguy ?

 

Chapitre Premier - L’auberge

« T’es un méchant ! Tu m’as frappé ! A cause de toi j’ai mal au crâne ! -Ne commence pas à me saouler ou je recommencerai sans hésitation ! Ton crétin de père est mort, et c’est une bonne chose ! Ainsi, le royaume d’Alkézab ne souffrira plus, mais toi, tu es sans protection. Je suis ton seul garde du corps, et on a été banni de nos contrées par votre faute ! Ma femme et mes enfants sont sans doute morts à l’heure qu’il est ! Je n’ai pu les sauver, ils vivaient dans la Capitale… Je me retrouve avec toi, un nabot coléreux, capricieux, immature, fort laid et ignare sur les bras ! Sans compter que t’es malade mental, ce qui n’arrange guère les choses !
-Oh, tu n’as pas le droit de me traiter comme ça ! Je suis ton maître, c’est moi le chef d’abord !
-Ah oui ? Et comment ?
-J’ai une épée !
-En bois !
-Viens, on va se battre ! Tu vas regretter tes paroles et me supplier à genoux de t’épargner ta misérable vie !
-J’attends de voir ! »

Frank dégaina son épée, Tanguy sortit sa ridicule petite épée en bois. Frank sourit, il ne pouvait perdre. Dès le premier coup, il trancha l’épée en deux. Tanguy, pleura. Frank se ravisa, rengaina et laissa le prince déchu dans ses larmes. Mais ce dernier feintait, et, attendant que Frank soit de dos, il cessa ses pleurs et se rua sur ce dernier, fou de rage. Il le bouscula d’une telle force que Frank en perdit l’équilibre et tomba sur le sol. Tanguy s’avachit sur ce dernier, il était lourd malgré sa petite taille car il ne pensait qu’à manger ! Son épée cassée était devenue une arme car elle avait formé une pointe à son extrémité. Il la pointa sur la nuque de Frank.

« Alors, qui c’est qui commande ? Qui c’est le nouveau Roi ? Supplie-moi de t’épargner ou je te tuerai ! -Tanguy, arrête tes idioties, sans moi, tu n’es rien ici ! Que vas-tu devenir ?
-Je préfère encore mourir et devenir une légende comme mon papa que de me faire insulter par mon sujet ! Supplie-moi où je t’arracherai la vie ! C’est la dernière fois que je te le dis ! Surtout n’oublie pas de t’excuser !
-Bien… Bien… Pitié ! Pitié mon doux suzerain ! Je m’excuse de vous avoir insulté, c’est vous qui commandez, j’obéirai comme je l’ai toujours fait ! Epargnez ma vie !
-Avec plus de conviction !
-Et puis quoi encore ?
-Tu es mort !
-Arrêtez ! Non ! Ne faites pas cela ! Je ne suis qu’un insolent de conseiller et je suis fort désolé de vous avoir contrarié, vous êtes mon maître, sans vous, je n’aurai ni toit ni nourriture, je vous dois tout. Ordonnez, et je suivrai.
-On devient sage. C’est bon, tu peux te relever. Cependant, c’est moi qui dicte notre route ! Nous partons à l’aventure, car nous aurons besoin d’argent et de connaissances pour lever une armée ! Nous vengerons mon papa, et je serai le nouveau roi d’Alkézab ! Et toi, tu seras à nouveau mon conseiller, si tu es gentil ! Sinon, tu seras pendu devant la dépouille de mon papa ! Et je t’arracherai ton appareil génital devant tout le monde pour te punir ! Tu m’as bien compris ? Sur-ce, en route ! »

Frank soupira de désespoir. Il avait failli mourir, et par honneur, il ne pouvait pas revenir sur ses paroles. Il devait donc se coltiner le boulet princier. Ce dernier l’obligea à porter tous leurs bagages, la marche fut longue et fastidieuse, à chaque heure, il fallait s’arrêter pour que Tanguy puisse se reposer. Son embonpoint le gênait énormément. Frank pria pour qu’une auberge apparue et qu’ils puissent prendre des chevaux ou profiter d’une carriole quelconque. Le miracle se produisit, au crépuscule, droit devant eux, une auberge apparue. Nos voyageurs épuisés poussèrent la double-porte et tombèrent sur le sol. C’était peu éclairé, une odeur de rance et renfermé leur serrait la gorge. Des toiles d’araignées étaient présentes au plafond. Sur le comptoir de l’aubergiste brûlait une bougie presque entièrement consommée. Une sonnette était présente. Frank eut la force de se releva et la frappa. Il attendit, appuya plusieurs fois dessus car il était excédé de cette attente. Tout à coup, un grognement se fit entendre. Un homme d’un âge avancé arriva en marmonnant des insultes. Il jeta un regard noir aux deux clients.

« Voulez quoi ?
-Dormir et manger
-Y’a qu’une chambre de disponible, c’est une chambre pour une seule personne. Faudra faire avec, c’est comme ça ! Pour manger, c’est dans une heure. Y’aura ce qu’il y aura, faudra pas demander plus ! Ça fera 6 écus la nuit, c’est payable de suite. Pas de paiement, vous ressortez avec mon pied au cul. Compris ?
-Six écus ? C’est trop cher !
-Frank ! Je paye ! C’est moi le Roi ! Je veux dormir ici ! Tu ne discutes pas ! Voilà l’argent ! Vous n’auriez pas de chevaux ou de carrosse ?
-Carrosse ? J’ai pas. Carriole pour moi. Chevaux à vendre. Venez. »

Frank bouillit de colère mais suivit Tanguy et l’aubergiste jusqu’à l’écurie. Ce dernier leur présenta deux vieilles rosses.

« Pas cher. Cinquante écus chacun.
-C’est du vol ! On ne paye pas autant pour ces vieilles cochonneries !
-Toi traiter ces juments de vieilles cochonneries ? Je vais te jeter si toi continuer à parler ainsi !
-Frank, tu es de plus en plus impoli ! Ce monsieur est aimable, il me sert comme un Roi !
-Oui, comme le Roi des c…
-Impertinent ! Il a reconnu mon statut lui au moins !
-Toi être roi ? Ça se voir ! Peux vendre tapis pour roi pour quinze écus de plus. Toi faire affaire ?
-Marché conclu ! »

Frank se martela la tête contre le mur, son protégé était vraiment l’être le plus stupide vivant sur Kéria ! Après l’achat des chevaux, ils montèrent à leur chambre déposer leurs maigres bagages et se détendre. Arrivant dans leur pièce, ils découvrirent un lit dont les drapes étaient vieux, malpropres, raccommodés. La paille sortait du matelas. L’oreiller sentait la sueur. Il y avait une fenêtre avec des rideaux ressemblant à une passoire, ils étaient mités. Les cafards courraient dans la pièce, des traces de moisissures étaient présentes sur les murs. C’était humide. Il y avait un baquet pour se laver, l’eau était croupie. Frank était répugné. Tanguy était ravi.

« Ça, c’est l’aventure Frank ! Chouette, ma première nuit hors du royaume ! Papa serait si fier de moi ! Ce n’est pas confortable, mais au moins, ce fut arrangé pour une personnalité ! C’est ça quand on part en campagne.
-Tu te fous de moi Tanguy ? Ignorant, tu ne sais pas ce qu’est l’aventure ! Cette auberge est un bouge immonde, et toi, tu rêves de dormir ici ? Mais qu’est-ce que t’es pour être aussi bête ?
-Je suis un Roi, tout simplement. Ton impertinence te sera fatale, tu mérites une punition. Bien, tu dormiras sur le sol comme un chien !
-Et il se dit simple en plus… Bien, je préfère, au moins, ça sera plus sain ! Trouvons un linge pour boucher cette fenêtre, ce froid nous serait fatal. Tiens, tu as vu cette armoire ?
-Elle est belle ! Et ce miroir ! Oh, je suis beau ! Quelle royale allure ai-je là !
-Etrange, ce miroir, certes vieux, semble être de grande valeur, tout comme cette armoire… Cela ne correspond pas avec l’état de délabrement de cette auberge, quelque chose ne tourne pas rond… Tanguy ? Tanguy !
-Humpf !
-Que ? »

Il se retourna. Tanguy n’arrivait pas à enlever sa chemise, sa tête était coincée. Il l’aida en tirant dessus. Le souverain, en se libérant, fut rejeté en arrière et tomba dans le baquet.

« Ah, merci Frank ! Hum, j’avais besoin d’un bon bain !
-Tu es répugnant ! Cette eau est si sale, si croupie ! N’as-tu pas honte ? Tu vas tomber malade ! Sors de là immédiatement !
-Non, pas tant que mon bain ne sera pas terminé ! Donne-moi mon savon et sors de la chambre, c’est un ordre ! Et ensuite, tu te laveras également. Je ne veux pas que tu te présentes sale devant cet aimable homme. »

Il s’empressa de passer le savon à Tanguy et s’empressa de sortir de la chambre. Il frappa le premier mur venu, de nombreuses planches de bois cassèrent sous la puissance du coup. Puis, il entama une visite des lieux. Curieusement, aucun bruit, personne dans les couloirs. Il tenta d’ouvrir quelques chambres, les portes étaient fermées, aucune voix se fit entendre. Aucune protestation. Voulant en avoir le cœur net, il força la porte de la chambre la plus reculée du bâtiment. Il n’eut aucune peine, il fut surpris de constater qu’il n’y avait presque pas de mobilier pour la grandeur de la pièce. La chaise de paille présente dans la chambre qui semblait auparavant spacieuse et luxueuse était trouée. Il y avait une coiffeuse cassée, une table de nuit poussiéreuse sur laquelle était posé un livre aux pages jaunies. Le lit double était éventré, le coffre en bois était en pièces. Il y avait de nombreux trous dans le toit, et même un trou dans le plancher, laissant apercevoir la salle à manger. Au travers de la fenêtre, il aperçut la lune. Elle était pleine. Il ramassa le livre, et commença à en lire le titre au clair de lune.

La magie noire pour les cancres

 

A suivre...

"Ce texte a été déposé et est protégé en vertu de l'article L. 111-2 du Code de la propriété intellectuelle, loi du 1er juillet 1992."

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