Overblog Tous les blogs Top blogs Musique & Divertissements Tous les blogs Musique & Divertissements
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Le secret du torchon

par Romaric AUBERTIN

publié dans romaric aubertin , nouvelle

Le secret du torchon

Une nouvelle fictive de type Aventure. Je vous souhaite une bonne lecture de cette passionnante petite histoire toute tranquille !

 

Le secret du torchon

Voici comment cette histoire a débuté. Un matin, j’errais dans vide-grenier organisé par la municipalité, à la recherche de quelques objets à dénicher pour mon intérieur. Aucune des bricoles présentes m’intéressaient, hormis un linge brodé représentant une scène du moyen-âge avec des inscriptions latines que je ne comprenais pas… J’en convins de l’acheter pour deux euros, c’était une bonne affaire ! Surtout pour moi qui cherchais depuis longtemps un torchon original pour essuyer la vaisselle, me voilà servi ! Je rentrais tranquillement de cette brocante et lavai dès mon arrivée ce torchon afin qu’il soit bien propre. Quelques jours plus tard, mon cousin arriva pour dîner comme nous l’avions convenu. Etant célibataires et de même âge tous deux, nous nous voyons souvent afin de passer le temps... Bon, je l’admets, par moments, il est pénible car il ne cesse de parler des vieilles histoires du passé qu’il a déterrées. Mon cousin travaille en tant qu’historien : il est donc féru d’histoires anciennes et de langues aujourd’hui peu usitées, voire oubliées. A table, notre mode de fonctionnement était à peu près le même depuis des années : on parlait de ce qu’il nous était arrivé ces jours derniers, puis, il me confiait ses projets sur lesquels il travaillait. De fil en aiguille, la discussion chavirait sur des connaissances du passé, et vous ne pouviez plus l’en décrocher ! Souhaitant me changer les idées, je lui disais que j’allais faire la vaisselle, cela le calmait. Il allumait la télé et regardait des émissions divertissantes en m’attendant. Moi, j’en profitais pour souffler et réfléchir à quelques idées pour éviter de sombrer dans des histoires qui me déplaisaient… Mais ce soir-là ne fût pas comme les autres. Mon cousin avait fait tomber un peu de vin sur la table basse de la salle à manger, me sachant occupé, il venait chercher de quoi y nettoyer. Au début, je ne fis pas attention à lui, je ne l’avais même pas remarqué tellement j’étais absorbé par mes pensées, mais tout à coup, un puissant cri me fit sursauter, et dans ma panique, briser une assiette que je tenais en main. Il se rua sur moi et me dit.

« Où as-tu trouvé ça ?
-A la brocante, pourquoi ? Ce n’est rien que mon torchon pour essuyer la vaisselle !
-Sacrilège !!! Sais-tu au moins ce que c’est ?
-A première vue… Un vieux bout de tissu sur lequel on a brodé une scène du moyen-âge.
-Idiot ! Je vois que tu es ignorant, tu devrais te documenter, ça te ferait le plus grand bien !
-Ah ben merci ! Il faut déjà que je me supporte tes longs discours, maintenant je suis presque considéré comme un gros inculte !
-Bon, puisque tu ne peux pas comprendre, je vais te révéler ce que c’est : c’est une carte au trésor !
-Pardon ?! Tu te fous de moi, là ! Ce truc ne doit même pas avoir un siècle !
-Elle est plus vieille que ce que tu penses, et heureusement que tes imbécilités ne l’ont pas abîmée !
-Tu m’en bouches un coin ! Mais il est où, ce trésor ?
-D’après ces indications… Exactement là, sous tes pieds.
-Comment peux-tu être si affirmatif ?
-Je m’étais renseigné sur cette ville, le quartier... Tout fût bâti récemment, mais autrefois, il y avait, ici, une maison appartenant à un célèbre brigand. Ce manuscrit la mentionne, cette maison fût bâtie sur les ruines de cette ancienne demeure.
-Très bien, mais comment va-t-on le trouver, ce trésor ?
-Tu te lèves tôt demain ?
-Non, et toi ?
-Moi non plus. Ne bouge pas, je reviens vite. »


Mon cousin bondit au dehors et démarra en trombe. Je restais chez moi, la carte entre les mains. Je l’attendis patiemment. Une heure s’écoula, puis deux, puis trois… Il ne rentrait toujours pas. Inquiet, je me résolus à l’appeler, mais au moment où j’allais lancer l’appel, le voilà qui rentrait tout excité, une pioche à la main.

« Bon, tu fais quoi ? Tu restes les bras ballants ou tu viens m’aider à décharger ? Y’a encore du matos dans la voiture, faut pas traîner !
-Mais… On va tout casser ?
-On va dire ça… Mais de manière intelligente et réfléchie, bien entendue !
-Et le propriétaire ?
-On s’en tape, du proprio ! T’as des couilles, oui ou non ? Demain, ce sera peut-être toi le nouveau propriétaire ! Allez, on s’y met ! »


On amena dans la cuisine tout l’équipement restant. Il y avait entre autres un détecteur de métaux, un autre appareil servant à sonder le sol, et tout un tas de gadgets servant à je ne sais quoi. Pendant plusieurs heures, on chercha dans la maison où pouvait être le trésor, mais on ne trouva rien... Je renonçais, lui aussi, mais tout à coup, il eût la géniale idée de fouiller du côté de la cabane de jardin. Là-bas, il bondit de joie : il venait de découvrir une image semblant indiquer une très petite cache. Nous creusâmes jusqu’au petit jour afin d’y accéder, puis, lorsque nous l’avions enfin mise à jour, nous prîmes les coffres qu’elle contenait et découvrîmes leur contenu.

« Regarde, cousin ! Notre fortune est faite !
-Il y en aurait pour combien d’euros à ton avis ?
-Tu veux savoir ? C’est incalculable ! Plusieurs centaines de millions d’après mes premières estimations, mais il se pourrait qu’il y en ait pour un milliard !
-Comment ça ?
-Vois-tu, l’un de ces coffres contient de vieux manuscrits aujourd’hui perdus, car ils avaient été dérobés par ce brigand. Ils ont une valeur historique, mais également scientifique car ils nous permettront d’accéder à des recherches effectuées qui ne furent jamais rendues publiques suite au vol des précieux originaux.
-Ah bon ? Mais avait-il bien pu voler ?
-Des savants royaux qui étaient venus étudier dans le coin… D’où le fait qu’il eût une mort lente et douloureuse ! On tenta de le faire parler pour révéler son butin, mais ce fût en vain : ce bougre ne parla pas. Mais voilà qu’il avait pris le soin de broder un linge qu’il laissa à Doriane, sa maîtresse, celle qu’il aimait par-dessus tout. Heureusement pour nous, Doriane ne savait point lire le Latin, c’était une femme de condition modeste qui fût légèrement enrichie par notre brigand, mais dont l’éducation ne lui avait point permis de comprendre le message inscrit sur le linge. Elle le prit comme un cadeau d’adieu de son amant, et enfanta un fils, car ce célèbre brigand l’avait mise enceinte. Nous sommes ses descendants.
-Quoi ?! Nous descendons de ce brigand ?!
-Et voilà que le trésor est revenu entre nos mains, Dieu sait comment il avait pu se trouver chez la personne à qui tu l’as acheté.
-Autant ne pas le savoir, non ? Dépêchons-nous de récolter l’argent, et à nous la belle vie !
-Tu as raison. Allez, suis-moi ! Pas de temps à perdre, on doit écouler tout ça avant d’attirer les regards indiscrets, et les voleurs peu scrupuleux qui désireraient nous dérober notre trouvaille.
-Ne sommes-nous pas un peu voleurs à notre tour ?
-Nous ne sommes pas responsables des actes de nos ancêtres, et puis, les faits sont proscrits depuis de nombreuses années ! Allons l’âme tranquille, nous ne sommes que d’honnêtes citoyens ayant découvert un trésor. Quel mal y a-t-il à cela ? »

"Ce texte a été déposé et est protégé en vertu de l'article L. 111-2 du Code de la propriété intellectuelle, loi du 1er juillet 1992."

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article