Le Bahu
Une nouvelle à classer en tant que Fantastique/Creepypasta/Angoisse/Horreur. Bonne lecture ! ;)
Le Bahu
Salut à tous ! Je me présente, Maxime, mais pour que ce soit plus simple, appelez-moi Max ! Je suis en dernière année de lycée, mais devant beaucoup déménager, me voilà prêt à affronter mon premier jour dans un nouvel établissement. La première semaine est toujours dure, car c’est la semaine crucial ! C’est là où les beaux gosses de service vont se la raconter, où les sportifs vont sortir leur corps bien musclé, où les allumeuses vont brancher, où les gringalets vont se faire casser le nez, les intellos vont devenir la risée, les Geeks vont être délaissés, et pour finir, c’est là où chaque clan va se former. Moi, je n’étais pas le genre de gars qui allait être emmerdé : je travaille, mais sans trop me fouler ! Je ne suis pas un cancre, j’ai une bonne moyenne bien méritée. Etant Basketteur, j’ai une carrure qui en impose, et j’entends même les pinups me siffler. Il faut dire qu’étant le dernier arrivé, j’en jette et plaît ! On s’empresse d’affluer autour de moi, de me faire comprendre que j’intéresse, de vouloir m’inviter à rejoindre tel groupe fermé… Je refuse poliment en montrant que je sais me distinguer, et que j’ai envie de découvrir avant de me décider. Ce premier jour se passe donc sans débordements, bien entendu, hormis les rejetés qui se font fracasser. C’est pour ça que sur un plan, je déteste le lycée. C’est bourré de cons qui veulent tout diriger, se la montrer et tyranniser afin de dégotter les plus belles bombes pour coucher ! Ils font pitié, ils ont peu de personnalité ces gaillards, et il faudrait un brin d’autorité et de fermeté pour qu’ils partent chougner dans leur plumard ! Ce ne sont que des pleutres, des grandes gueules qui profitent de leur physique pour terroriser, mais au final, ce ne sont que des pauvres types dégonflés. Malheureusement, je n’ai pas trop le choix, je dois me conformer au système si je ne veux pas trop être emmerdé. Je déteste devoir régler les comptes, car déjà cela vous oblige à prendre des risques qu’il ne faut pas négliger, et à vous prendre la tête toute la journée, non, j’ai bien mieux à faire, alors, tant pis, je m’introduis dans le groupe qui me semble le moins néfaste et simule afin qu’on ne découvre pas ce que je pense de ces comportements pour le moins détestables.
Au bout d’une semaine, j’ai été rapidement intégré dans un groupe de cinq personnes comportant quatre filles et un gars. Je suis étonné d’avoir trouvé un groupe plutôt tranquille, qui a su rapidement se faire respecter et se démarquer. Je suis plutôt fier de l’avoir intégré, l’ambiance y est conviviale, et ces filles sont si séduisantes ! Même si je n’aime guère le caractère des pinups, je dois bien avouer que je me les taperai bien, car celles-là, elles ont un je ne sais quoi qui vous attire !... Cela les rend follement excitantes, oh, d’ici la fin de l’année, je sors avec une, ça, c’est clair ! Mais en revenant en cours le lundi matin, un événement tragique attire notre attention. Les policiers ont investi le lycée car un étudiant fût assassiné. C’était un gosse de riche, en dernière année lui aussi, il faisait même partie de ma classe ! Etant pensionnaire, il vivait sur le campus et fût poignardé, à plusieurs reprises, dans la nuit de dimanche à lundi. Le meurtrier lui avait gravé un livre sur la joue gauche et avait même marqué avec son sang, sur un arbre, non loin de lui, Le Bahu. Je ne sais pourquoi, mais beaucoup d’élèves semblent terrorisés. Allons donc, je veux bien qu’un tueur en série puisse impressionner, mais de là à en avoir une peur panique, il ne fallait pas non plus déconner ! Evidemment, on inculpe immédiatement l’intello que la victime avait malmené avant de décéder, pour sûr, on pense d’office que c’est lui le coupable. On ne se rend même pas compte que ce garçon, à l’apparence si pitoyable, serait bien incapable de commettre pareil crime ! Nous rentrons donc silencieusement dans l’établissement. Dans les couloirs, on ne parle que de ça. Entendant des gens parler du Bahu, je m’approche discrètement et interroge le groupe.
« On ne parle que du Bahu, Le Bahu par-ci, Le Bahu par-là ! Y’a du Bahu à toutes les sauces ! Mais c’est qui cet individu qui vous terrorise tant ? Vous ne le connaissez même pas !
-Ça se voit que t’es nouveau toi ! T’es pas au courant de qui est Le Bahu ?
-Non, et j’avoue que je m’en fiche un peu. Un être assez intelligent ne ferait pas pareille bêtise !
-Putain, mais t’as vraiment un train de retard ! Ce gars est mort !
-Vous êtes sérieux ?
-Oui, il fût tué fin Juin dernier au bal de fin d’année, une histoire de fille entre un cancre et lui. Il voulait sortir avec Ashley, mais Victor n’était pas d’accord ! Vic avait l’habitude qu’on lui obéisse, mais Le Bahu ( surnommé ainsi car sa drogue était le lycée ) ne voulait pas se plier à ce que Vic lui ordonnait. S’en suivit une bagarre mortelle pour Le Bahu : suite à un violent crochet de Vic, le cou du Bahu fût brisé. Tout lycéen présent à ce bal de fin d’année fût heurté par la violence qui s’était dégagée d’un accrochage paraissant sans gravité. La famille du Bahu fût fortement endeuillée, ainsi que son club de Geeks auquel il appartenait. Vic fût donc inculpé pour l’homicide involontaire du Bahu, mais d’après les actualités, il mourut lors de son transfert jusqu’à la prison du comté, et devinez cela s’est déroulé ? Non loin du lycée ! Lorsque le convoi est arrivé dans le coin, le véhicule carcéral fût sorti de la route à hauteur du petit pont. Tous les policiers présents à cet endroit furent retrouvés morts, mais Vic était introuvable. Quelques jours après, le corps de Vic fût trouvé par les parents du Bahu devant leur domicile. Il était méconnaissable. La police trouva dans ses poches un papier sur lequel était griffonné : Vous êtes vengés. Plus tard, le légiste constata sur son torse l’inscription suivante : Le Bahu. Les parents du Bahu furent donc arrêtés et sont toujours en procédures judiciaires pour savoir s’ils ont, ou non, un lien avec le sauvage meurtre de Vic et des policiers qui l’accompagnaient. Moi, je vous le dis, cette histoire pue la malédiction, le surnaturel ! Le fantôme du Bahu doit venir se venger !
-Vous êtes vraiment paranos ! Vous croyez aux morts qui reviennent hanter les lieux ? Ce sont des racontars, et je suis sûr que ce n’est rien de plus qu’un détraqué qui a entendu parler de ce tragique événement et s’amuse avec les gens. Chassez votre mauvais esprit si vous le souhaitez, mais encore faudrait-il que vous le trouviez ! »
J’en avais entendu des récits surnaturels, mais à ce point farfelu, c’était bien la première fois ! Comme si Le Bahu revenait pour se venger, il faudrait être stupide pour croire une chose pareille ! Je regagne ma salle de classe en faisant comme si de rien n’était. La journée se passe sans incident, bon, tout le monde ne fait que de parler de ce qui est arrivé à un lycéen. Cela devient rébarbatif et chiant, j’aimerai vraiment qu’ils changent de sujet, la vie continue alors autant en profiter plutôt que de psychotter ! Quelques jours plus tard, je finis par obtenir un rencard avec une fille de notre groupe. Elle n’est pas très studieuse, mais elle a plus d’un tour dans son sac. Son corps de rêve est absolument sublime, elle m’impressionne depuis mon entrée dans ce groupe calme mais remarqué. J’avoue que je ne pensais pas réussir à sortir avec une fille aussi mignonne, mais maintenant que cela se réalisait, je sens la fierté monter en moi. Nous nous sommes donnés rendez-vous ce soir, sur le campus. Pourquoi ici ? Elle termine ses cours tard le vendredi, je passerai donc la prendre et nous irons tranquillement en ville tous les deux en amoureux. Ayant toute l’après-midi devant moi, j’en profite pour un peu étudier et me détendre en jouant aux jeux vidéo. Voilà comment j’ai passé cette merveilleuse après-midi ensoleillée. Il faut dire que je me sens un peu déboussolé, j’ai légèrement le trac, j’espère ne pas gaffer ou faire quelque chose qui lui déplaît… Allons, arrête de te mettre la pression ! C’est ainsi que tu vas être happé par l’inattention ! Reste cool, zen, détendu, naturel, et tout se passera bien ! Oui, oui, c’est beaucoup mieux ainsi ! Il faut être soi-même, bien dans sa peau, bien dans sa tête, c’est ça le secret avec les filles ! Je me rends donc à l’endroit indiqué, un bouquet de rose à la main, et attend tranquillement ma conquête de la soirée. Elle me surprend en m’approchant par derrière, mettant ses mains sur mes yeux en me disant : « Devine qui c’est ! ». Je me retourne vivement et la décolle du sol en la serrant dans mes bras et en l’embrassant tendrement, et je peux vous dire qu’elle aime ça ! Mes mains sentent la douce peau de ses cuisses, que c’est tendre ! Je vois que madame a enfilé une jupe plissée rien que pour m’attiser. Ça promet pour la soirée ! Je la prends par la main et nous allons vers le parking, mais cette coquine m’entraîne subitement vers la forêt.
« Où m’emmènes-tu Zoé ?
-Viens ici Max ! Profitons-en, soyons fous ! Faisons des choses interdites !
-Tu fais ta mauvaise fille, hein ? Hou, hou, hou ! Comme tu me plais !
-L’interdit, ça m’excite, pas toi ?
-Disons que moi, ce serait plutôt toi !
-Ah, ah ! Je te tiens mon coquin ! Allez, il va falloir que tu viennes m’attraper ! Ne me laisse pas filer !
-Prends un peu d’avance, sinon, ça sera trop facile !
-Comme tu veux ! Mais n’oublie pas, si tu ne m’attrapes pas, pas de nuit avec moi !
-Ne t’en fais pas, je t’aurai ! »
Nous nous lançons dans un jeu puéril. Bon, il faut avouer, l’amour, ça peut faire régresser à certains niveaux, en même temps, cela met d’aplomb et provoque les sentiments. Au début de ce jeu, je me sentais joyeux et insouciant, mais plus on s’enfonçait dans la forêt, plus ces ressentis s’envolaient pour commencer à laisser place à la crainte et l’inquiétude. Je me mets à l’appeler, l’ayant perdue de vue. Aucune réponse de sa part. Je ne suis pas très rassuré, on est seuls dans la forêt, on ne voit pas à dix mètres, on n’a pas de quoi nous éclairer, mis à part nos smartphones… Non, ce n’est pas une bonne idée de continuer ainsi. Ce jeu doit cesser ! J’appelle de nouveau Zoé, mais toujours aucune réponse. Je tends l’oreille, essayant de savoir où elle peut être. J’entends du bruit non loin de moi. Je sursaute, je sens quelque chose me frôler et s’enfuir. Je sors mon smartphone désirant y voir clair, et voilà que je sursaute en apercevant, en face de moi, des yeux fixes me contempler. D’un naturel courageux, je demande à l’inconnu de se présenter. Il me regarde fixement, comme s’il ne me comprenait pas, puis, il me tourne le dos. Je lui dis qu’il se fout de ma gueule et souhaiterait comprendre à quoi il joue. Là, il se retourne. Je me rends compte avec horreur qu’il tient Zoé entre ses mains. Je vois qu’il passe une règle le long de sa peau, comme s’il la caressait, puis, d’un coup net, il lui arrache le décolleté et passe sa règle sur son corps dénudé. La colère monte en moi, je sens que je vais tuer ce pauvre cinglé ! Je cours en direction de ce matraqué, mais voilà qu’il grimpe à l’arbre, emportant Zoé avec lui. Impuissant, je l’insulte depuis le bas de ma position. Je ne peux pas le décrire car il m’est impossible voir son visage : il porte un masque caricatural d’intello avec de grosses lunettes. Il est d’ailleurs sapé d’un pantalon marron, d’une chemise à carreaux beige et verte, de bretelles, de chaussures casual… Cet individu ressemble vraiment à un bouffon endimanché ! Il me fixe, narquois, et arrache les derniers vêtements de Zoé qui ne cesse d’hurler de peur. Il me montre clairement qu’elle est belle, puis, c’est là que s’exécute sa folie. Il empale Zoé à une branche et lui arrache la peau du visage, enlève ses orbites, et jette le tout à mes pieds. Il n’oublie pas d’inscrire : La Femme Fatale sur son dos, et marque Le Bahu sur ses seins. Ce pauvre fou m’a contraint à assister à la mort de ma belle Zoé ! Quel matraqué qui possède des plans diaboliquement préparés : tout semble méthodique et minutieusement étudié, mais comment savait-il que nous serions là ? Je ne me pose même pas la question, tellement je suis énervé envers ce meurtrier, mais voilà que ce dernier s’éclipse comme il est arrivé. Et pour mieux me faire chier, figurez-vous que mon portable tombe en rade de batterie. Non seulement ma soirée est gâchée, mais me voilà perdu, en pleine forêt, et peut-être à la merci d’un meurtrier... Charmante soirée !
Etant retrouvé au petit matin, me voilà au commissariat pour témoigner de ce que j’ai vu. On me cuisine, pensant que c’est moi le coupable. Après tout, je ne suis qu’un étranger à la ville, fraîchement débarqué, peut-être que tuer et faire vivre une légende était quelque chose que j’avais planifié ? Je n’en peux plus, je veux que tout s’arrête, je veux me casser, j’ai supporté beaucoup de choses mais pas de telles folies, je ne désire pas rester un jour de plus dans ce merdier.
Avant de m’en aller, j’appris que Le Bahu ne s’attaque qu’aux cancres et laisse en vie les personnes qui ont de bonnes notes, telle est sa vengeance envers ceux qui ont fait qu’il était maltraité. Suivez donc mon bon conseil : si vous n’avez pas la moyenne, évitez de fréquenter ce lycée, qui sait ce que Le Bahu vous ferait ?
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