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Noir comme l'humour, le mépris et les radis

par Dr Voggle

publié dans Dr Voggle , Nouvelle

Voici la nouvelle de Dr Voggle sur le Thème: "L'influence des radis noirs du Pérou sur l'extinction des dinosaures".



Je suis dans un état de stress extrême, je vais dans quelques minutes exposer ma théorie qui va de sûr révolutionner notre vision de l’histoire du monde.
Il est vingt heures vingt-sept, et je commence dans trois minutes. Ma respiration est de plus en plus rapide, mon cœur s’accélère, tel un combattant avant son combat, je sautille dans tous les coins. Tout à coup, quelqu'un frappa à la porte et me dit : « Allez Jérôme, c'est à toi ! ». Je pris une grande bouffée d'air et me rendis en apnée jusqu'à la salle de conférence là où m'attend tout le comité.

Je pris place sur l'estrade, me tournai face au comité et commençai mon speech : pas le temps de finir de raconter ma théorie, tout le monde me hua. Je repartis, tête baissée, je ne pensais pas être autant haïs pour des travaux d'une importance aussi capitale.

Les jours passèrent, et je retournai travailler en tant que professeur de sciences. Aujourd'hui, je sentis que quelque chose n'allai pas, quelque chose était diffèrent : les élèves ne me respectaient plus, ne m’écoutaient plus, couraient dans tous les sens, me traitaient même d'idiot, et c'est quand j'ai vu ce qu'il y avait de dessiné dans un coin du tableau que j'ai tout de suite compris. Mais comment est-ce possible ? Pourtant personne n'a filmé, on était en petit comité, il y aurait-il une taupe ??
Je ne pouvais pas le croire, des hommes d'un certains âge et de renommée en plus ! Pas grave, je repris mes esprits, je me suis foutu deux bonnes baffes qui fît encore plus rire la classe. Je courus vers le premier, l’attrapais par le col, le fixai des yeux, méchamment, un grand « meuh » qui le fît tout de suite devenir d'une couleur proche de la craie, lui qui d'habitude a le teint plutôt bronzé.
Je continuai mon ascension en courant vers une fille qui se foutait de moi, en riant à gorge déployée, et qui me montrait du doigt, et là, « vlan », une baffe avec l’élan qui la fît tomber de sa chaise. J'ouvris le sac, pris ce qui avait dedans, pris les cinq premiers de la première rangée, leur mis ce qu'il y avait dans le sac et leur fis manger à coup de savate dans la gueule. Pris de rage, j'en pris un au hasard, lui demandai de venir vers moi prestement : le jeune homme venu doucement, méfiant, tremblant de tout son corps et d'une petite voix me dit « Monsieur vous voulez me voir ? ».
Je me penchai vers lui et du creux de l'oreille : mon petit, maintenant vous vous êtes bien foutu de ma gueule, mais maintenant c'est l'heure de la revanche. Il ne se fit pas prier, il retourna s’asseoir et l'heure de la fin des cours sonna, je poussai un grand soupir...

La classe vide, je pus repenser à toutes ces choses horribles que les enfants m'ont dites : leurs réactions, la même que celle de la commission, moqueries et insultes. Dans un grand vacarme, le directeur entra dans la classe et me cria dessus d'une voix de stentor « Alors mon cher Jérôme, comme ça on traumatise, menace et frappe les élèves ?? Vous êtes viré ! ».
Ses toutes dernières paroles résonnèrent dans tout le bâtiment et un écho de joie se fit entendre. Mon téléphone se mit à sonner, accablé, je ne répondis pas à l'appel. Le directeur, moqueur, sur un ton sadique et ironique : « Alors Jérôme, on ne répond pas ? Ah oui, c'est vrai, les radis ne peuvent pas parler, mais peuvent tuer mouahahaha !! ». Ses paroles m'achevèrent, et pour ne plus entendre ses dires qui me faisaient mal au plus profond de mon être, je pris l'appel, et là, une voix, la plus sublime que j’ai pu entendre de ma vie, m’annonça une bonne nouvelle. Et c'est comme ça que moi, Jérôme, le professeur minable non respecté, injurié, méprisé, viré, suis devenu l'homme que je suis : un homme de sciences, l'homme qui a changé l’histoire de notre planète.

Six mois plus tard, je publiais mon livre ou j'expliquais toute mon aventure qui amusa bien du monde et fit couler beaucoup d'encre : « L’influence des radis noir du Pérou, sur l'extinction des dinosaures. ».




"Ce texte a été déposé et est protégé en vertu de l'article L. 111-2 du Code de la propriété intellectuelle, loi du 1er juillet 1992."

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