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Dr Steamech

par Romaric AUBERTIN

publié dans Nouvelle , romaric aubertin

Dr Steamech

Une nouvelle au genre Steampunk narrant le plan d'un génial mais diabolique savant. A déguster sans plus attendre ! Bonne lecture ! ;)



Dr Steamech, ou L’ôde au Steampunk

Dans son sombre atelier, seulement éclairé par quelques lampes à pétroles, travaille sans relâche le génial inventeur de notre siècle. Perdu au milieu de ses innombrables machines, au centre d’un vaste hangar où s’entassent des milliers d’inventions, pour beaucoup des automates, notre créateur confectionne encore un de ses nouveaux enfants. Penché au-dessus d’une table d’opération, il assemble des pièces, monte ainsi un nouveau robot, et fait naître un de ces êtres dociles comme il en existe déjà tant en son antre. Est-ce un homme ou un demi-dieu ? On se le demande, car cet inventeur est seulement connu sous le nom de Docteur Steamech. Il visse, boulonne, serre, règle les engrenages, branche les circuits, paramètre ses automates, configure leur intelligence artificielle, et les fait se lever sur l’injection suivante : « Lève-toi, et sers ! ». Qu’a-t-il en tête, au milieu de ce tintamarre d’engins à vapeur ? Tous ces robots qui vivent autour de lui, crachant leur épaisse fumée blanche, rejetant leur effroyable chaleur en sifflant, ces humanoïdes solides mais ô combien bruyants. De la mécanique, de la mécanique pure, quelles merveilles peut-on confectionner avec tous ces engrenages, ces créations si basiques mais permettant d’ériger un nouveau peuple, d’imposer de nouvelles règles dans ce monde. Est-ce une force de travail censée aider le commun des mortels, ou est-ce une armée prête à assouvir chaque pays dans le but de flatter l’égo de leur brillant mais machiavélique créateur ? La question ne se pose pas, ou ne se pose plus. Le bonhomme en blouse grise, pantalon gris bariolé, un bouc au menton, crâne rasé, des googles le protégeant des étincelles, ne cesse de fignoler ses nouvelles créatures en souriant d’une ignoble manière. Quel infâme projet concevait-il ?

Il se mit soudainement à hurler de joie à la vue de son nouveau-né, il le contemple avidement en ricanant follement, ses éclats de rire répercutent dans tout le hangar et s’entendent même à l’extérieur. Empreint d’une violente soif de vengeance, notre nouveau génie du mal ordonne à ses troupes de sortir à la conquête du monde. Ses subordonnés mécaniques obéirent, se mouvant dans une cacophonie mêlant sifflements, bruits de rouages, d’engrenages, de mécanismes divers, et tous prirent la direction de la grande porte du hangar dans l’ultime but de mettre l’humanité sous leur joug. Certains prirent place dans des véhicules et tanks à vapeur, afin de bénéficier d’une force de frappe conséquente et de déplacements rapides, clé du succès d’une telle opération.
Chaque modèle était unique en son genre, chaque machine était un modèle original, pas une ne ressemblait à l’autre : seuls leurs armes pouvaient être similaires. Fracassant les portes de sortie, cette marée d’automates aux designs variés déferlait dans les rues de la Capitale, massacrant âme qui vive. Cette nuée de fer, martelant le sol d’un pas cadencé, prouvait sa supériorité à l’espèce humaine désormais condamnée. Qui serait en mesure de faire cesser telle folie ? Quand on s’aperçoit que l’inventeur a même réalisé des automates mi-humains, mi-animaux, on se demande qui pourrait le raisonner ! Cette légion, dénuée de sentiments, écrase toute résistance qui s’offre à elle : rien ne pourra les arrêter, pas même les quelques machines de combat du pays, elles sont bien peu sophistiquées pour rivaliser avec celles du Docteur Steamech.

Contemplant le spectacle de par les hauteurs de sa demeure, le Docteur Steamech se réjouit d’une si prodigieuse réussite : la science réussie à ceux qui savent s’en servir. Tout en fumant sa pipe près de la fenêtre de son bureau, le visage éclairé par la seule lampe présente, il lança le tourne-disque, ouvrit sa fenêtre, puis, se prenant pour un chef d’orchestre, fît des gestes de par ses mains gantées, en se servant de sa cravache telle d’une baguette donnant le rythme.


 

"Ce texte a été déposé et est protégé en vertu de l'article L. 111-2 du Code de la propriété intellectuelle, loi du 1er juillet 1992."

 

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