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L'Orbre de Kjïnn - Chapitre Second - Falsepace Partie 2

par Romaric AUBERTIN

publié dans romaric aubertin , l'orbe de kjinn , lok

L'Orbre de Kjïnn - Chapitre Second - Falsepace Partie 2

Seconde partie du Second Chapitre de L'Orbe de Kjïnn. Séance nostalgie pour Frank, mais il doit se reprendre et aller chercher du travail en ville, mais tout ceci serait plus facile si Tanguy cessait ses facéties !

 

Après ce malheureux incident dû à un quiproquo, les deux aventuriers prirent l’ascenseur hydraulique qui les conduisit au dixième étage de l’hôtel. Ils traversèrent le couloir leur permettant d’arriver à leur chambre, puis ils en prirent possession. Tanguy se coucha sur le lit double, Frank ramena des glaçons dans une serviette afin d’apaiser la douleur de son compagnon. Pendant que ce dernier maugréa, Frank repensait aux événements vécus ces derniers jours. Dans quelle folie avait-il été entraîné ? Il avait beaucoup voyagé étant jeune, et malheureusement pour lui, ses parents avaient été séduits par la prospérité d’Alzékab. Etant très cultivés et de bonne situation, ils furent très vite introduits dans la cour de la future défunte reine. Bien mal leur en a pris, environ deux ans après leur installation dans cette cité, la reine mourut. Le déclin s’en suivit, aujourd’hui, il était sans doute le dernier survivant de sa famille installée dans cette ville. Tout était perdu, parents, argent, femme, enfants… Et aujourd’hui, il devait être le baby-sitter d’un nabot fort mal luné ! Il n’en pouvait plus, il songeait à abandonner ce cadeau empoisonné, mais, une petite voix lui dit qu’il ne devait pas le faire. Cet être abject pourrait lui apporter une meilleure situation. Il enfouit donc ses pulsions de fuite et de meurtre à l’intérieur de lui-même et attendit de voir ce que l’avenir offrirait. Pendant que le roitelet se reposait et soulageait sa douleur, Frank en profita pour se revigorer. Il dégusta une nourriture saine, équilibrée, pas trop riche, et pas en grosse quantité même si la faim le tenaillait. Il ne devait souffrir d’aucune faiblesse, il était le seul sur qui il pouvait compter, il ne devait pas faillir en plein combat si bataille il devait mener. Puis, étant rassasié, il se décrassa dans une belle baignoire luxueuse aux robinets en ivoire. Elle était de couleur blanche, brillante, aux pieds dorés. Le lavabo était dans le même style. Une baie vitrée éclairait la salle de bain. Il y avait même, ce qui était peu fréquent, de l’éclairage au condium. C’était un matériau fluorescent émettant une lumière douce. Parfait pour éclairer les pièces, il était souvent coulé en long cylindre qu’on accrochait au plafond. Les serviettes étaient éclatantes de blancheur et de propreté, pas un seul grain de poussière n’était présent dans la chambre. Chaque lit, même simple, était à baldaquin, car c’était style très recherché par les nobles. Frank s’accorda quelques minutes de répit dans son bain, puis, une fois sortit de la salle de bain, il s’habilla et informa Tanguy qu’il allait faire un tour à la mairie.

« Je sors, je vais nous chercher du travail à la mairie, attends-moi là.
-Je refuse ! Je veux venir !
-Tu ne feras que de me gêner, le mieux est que tu restes ici !
-Je m’ennuie, je ne veux pas rester ici tout seul ! Soit tu t’ennuies avec moi, soit je viens avec toi ! Et puis, tu ne présentes pas ton roi ? Je suis une importante personne, si l’on reconnaît ma royale lignée, on obtiendra des sujets qui feront le travail à notre place !
-Ne rêve pas, tu n’es qu’un déchu, et un déchet ! Non, le mieux est que tu ne bouges pas de la chambre. Tu es un gaffeur, je ne te veux pas dans mes pattes !
-Tu m’insultes ! Décidément, j’ai beau te rouer de coups, tu n’apprendras jamais à être respectueux envers ton maître !
-Du calme, tu veux que j’appelle une femme pour te garder ?
-Oh oui, j’adore quand quelqu’un me garde !
-Bon, laisse-moi utiliser le tuyophone. Bonjour ? Service de l’hôtel ? Je désirerai une gardienne pour un grand enfant.
-Très bien, nous ajouterons cela sur la facture de votre chambre. Quel est votre numéro ?
-Mille vingt-quatre.
-Bien monsieur, quand devons-nous envoyer la personne ?
-Tout de suite. Le petit est d’ailleurs fort calme, il ne faudrait pas qu’il s’énerve, comprenez-vous ? C’est urgent, j’ai besoin de sortir à l’instant.
-Nous vous envoyons quelqu’un à l’instant.
-Je vous remercie.
-Tu ne me laisseras pas tant que la personne ne sera pas arrivée !
-Je dois partir tout de suite, je suis très pressé !
-Non, je ne resterai pas seul une seconde !
-Tu es vraiment embêtant et capricieux, tu es assez grand pour te garder toi-même, mais non, il te faut quelqu’un ! Alors tu vas me faire le plaisir de l’attendre, enfin, tu ne vas pas en mourir si je te laisse quelques secondes seul !
-Non, non et non ! Tu restes ici ! »


Au même instant, quelqu’un frappa à la porte. Frank se dépêcha d’ouvrir. Une femme d’une quarantaine d’année, grande, costaud, avec du poil au menton pénétra dans la suite. Elle se racla la gorge, et d’une voix rauque, parla avec Frank.

« C’est ici l’mioche à garder ?
-Oui, le voici, il est affalé sur son lit comme un gros bébé !
-A la différence que je ne suis pas gros, et que je ne suis pas un bébé, juste un roi !
-Un roi… Un roitelet plutôt ! Allez, je te laisse avec la dame, amuse-toi bien !
-Non, ne me laisse pas avec ce monstre !
-Allons mon petiot, on va fermer sa grande gueule car je ne supporte pas les hurlements ! Tu connais le jeu du prisonnier ?
-Non, c’est quoi ?
-Je t’enchaîne, te musèle, et j’attends que ton papa vienne te délivrer.
-Mais… Ce n’est pas mon papa ! C’est mon conseiller ! Au secours ! Délivre-moi des paluches de cette mégère !
-Allez à plus tard ! Ça va très bien se passer ne t’en fais pas !
-Je te hais Frank ! »

A suivre...

"Ce texte a été déposé et est protégé en vertu de l'article L. 111-2 du Code de la propriété intellectuelle, loi du 1er juillet 1992."

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