L'Orbre de Kjïnn - Chapitre Second - Falsepace Partie 5
5ème partie du Second Chapitre de L'Orbe de Kjïnn. Prochain épisode Lundi prochain ! Bonne lecture ! ;)
« Bonjour. Deux billets s’il vous plaît.
-C’est pour vous deux ?
-Oui, pour qui croyez-vous donc ?
-Monsieur, les enfants ne sont pas acceptés dans ce bâtiment.
-Ce n’est pas un enfant, c’est mon compagnon, il a certes trop été bercé près du mur, mais il a l’âge requis pour…
-Je ne suis pas un gosse ! Vous me prenez pour qui ? Vous avez à faire à un roi ! Vous aurez de mes nouvelles si je n’ai pas le droit d’entrer ici ! D’abord, que j’ai l’âge ou non, si mon papa était là, je serai entré ! »
Frank fit une moue dépitée, Tanguy finirait par les faire tuer à force de l’ouvrir à tout bout de champ en racontant ce qu’il devait taire. Heureusement pour eux, le guichetier n’était pas très futé. Il jugea bon pour lui d’éviter d’énerver le nabot : il avait peur de se ramasser de sacrés coups de hochet ! En effet, Tanguy adorait se promener avec un hochet en main, il disait toujours qu’un roi doit avoir un accessoire reconnu de tous, avoir son propre style en quelque sorte… Il leur vendit donc les tickets sans broncher, puis, les deux compères entrèrent. Ils se déshabillèrent aux vestiaires, mirent leurs affaires dans le même coffre, puis, ils sortirent. Ils n’avaient pour seul habit qu’une serviette de bain. Ils rejoignirent une grande salle où il y avait plusieurs portes avec un écriteau au-dessus de chacune. Frank en fit le tour, puis, après un moment de réflexion, il entra par la porte dont la pancarte mentionnait : << les quatre fées >>. Tanguy, quant à lui, poussa une porte dont l’inscription au-dessus était : << uniquement pour hommes >>.
Frank découvrit une petite salle remplie de vapeur d’eau, il faisait chaud. Le bassin était peu profond, l’eau lui arrivait au nombril. Il entendit une douce mélodie qu’il croyait émaner de déesses. Tout à coup, une jolie voix chanta. Il se rapprocha de la source de cette musique. Au milieu du bassin, il y avait des bambous en arc de cercle avec un rocher en leur centre. L’eau jaillissait depuis une fontaine située sur ce rocher. Lorsque vous entrez, vous ne pouvez apercevoir ce qu’il y a derrière les bambous, il vous faut les contourner afin d’apprécier le spectacle. Quatre jolies jeunes femmes nues se tenaient sur le rocher et la fontaine. L’une d’entre-elle jouait de la cithare, une autre de la harpe, une autre un tambourin, quant à la dernière, son seul instrument était sa voix. Il y avait deux brunes, une rousse et une blonde. La rousse était la chanteuse, la blonde la joueuse de tambourin. Frank craquait fortement pour la rousse, elle était splendide avec sa peau d’une blancheur incomparable, ses cheveux d’une rougeur à en faire pâlir une tomate, ainsi que son merveilleux visage de poupée. Il était aux anges, rêveur, comme perdu dans une autre dimension. Tout en jouant, les magnifiques créatures minaudait et dévorait de leurs yeux de braise l’homme qui était entré. Il en bavait de plaisir. Une fois la musique arrêtée, les jeunes filles descendirent de leur place et saisirent Frank. Ce dernier tournait de l’œil, quatre femmes pour lui tous seuls, ses rêves les plus cochons se réalisaient ! La blonde se présenta, puis les brunes, et en dernier, la rousse.
« Je m’appelle fée Lation.
-Je suis la fée Moitou.
-Pour moi, c’est la fée Dusporanshambre
-Quant à moi, je suis la fée Moalatotal.
-Et toi, quel est ton petit nom ?
-Je m’appelle Frank. Venez-là mes petites fées, on va bien s’amuser. »
Il salivait abondamment et succomba aux femmes. Une bonne heure plus tard ( passée à diversifier les positions sexuelles ), il sortit de la salle. Il chercha Tanguy, mais nulle trace de lui aux vestiaires ou dans la grande salle. Subitement, il entendit un genre de fête provenant de la salle où était écrit << uniquement pour hommes >>. Il s’approcha, regarda à travers le carreau, poussa la porte et éclata de rire. Tanguy et de nombreux hommes étaient les uns derrière les autres, prenant leur partenaire de devant. Tanguy était le premier de la file, il avait les yeux rouges, il grommelait en jurant comme un charretier et était forcé d’avancer en simulant un mouvement de piston. On eût dit que ce groupe d’homme ne formait qu’un immense piston tellement le mouvement était bien synchronisé. Tous avaient le sourire banane aux lèvres, sauf Tanguy qui se plaignait. A la vue de Frank, tous s’arrêtèrent.
« Voulez-vous nous joindre à nous ?
-Non merci, je viens récupérer ce nain. Je crois qu’il s’est trompé de salle. »
Puis, il récupéra Tanguy en le choppant pas le bras. Ils regagnèrent les vestiaires.
« Frank ! Tu m’avais promis que cet établissement était génial, plus jamais je ne suivrai tes idées ! Je vais demander à mon papa de te maudire depuis là où il est ! A cause de toi, mon royal fessier est doux enflé ! Tu ne sais pas tout ce que j’ai subi par ta faute ! Je me vengerai de tout ce qui m’est arrivé ! On a utilisé mon royal corps. Je suis souillé !
-Je vois que tu t’es bien amusé, alors, ne te plaint pas. Je n’y peux rien si tu ne sais pas lire !
-Bien sûr que je sais lire !
-Depuis quand ? Tu es toujours aussi analphabète, souviens-toi ! Allons, ce n’est pas très grave tout ça, tu as pu te laver ?
-Oui, même si j’ai souffert par ta faute, ces messieurs m’ont donné de petites dosettes d’une substance un peu pâteuse, gluante, mais qui m’a permis de me savonner.
-J’en suis ravi ! Ils ont bien été gentils avec toi. Pourquoi tu m’en veux ?
-Car tu n’étais pas là et que j’ai mal partout, pourquoi m’as-tu abandonné ? Tu dois en permanence veiller sur moi et faire en sorte à ce qu’il ne m’arrive rien de fâcheux, pas même une égratignure !
-Bah, moi, j’étais avec des femmes. Je n’avais pas besoin de toi dans mes jupons.
-Des femmes ? Beurk, c’est répugnant ! C’est toujours ainsi les thermes ? Je n’irai plus jamais ! »
Frank ne pouvait que s’amuser de la stupidité de son compagnon. Il avait passé un bon moment et l’incident qui est arrivé à Tanguy n’a fait que de lui rendre justice. Les caprices du roitelet étaient tellement insupportables qu’une petite mésaventure arrivant à ce dernier n’était qu’un juste retour des choses. Sur le chemin du retour, ils s’arrêtèrent au marché aux armes. Frank acheta un magnifique katana Stormair. C’était une lame raffinée contenant les pouvoirs de l’air. Elle a été forgée en plein air sur les plateaux les plus venteux de Kéria de façon à emprisonner la force du vent. Elle était silencieuse et se maniait délicatement. Nul besoin de beaucoup de force pour trancher, la lame paraissait danser dans les mains expertes de Frank. L’utilisateur, avec une certaine puissance, pouvait même faire siffler son arme, ce qui lui permettait de déclencher des attaques liées au vent en propulsant de coupantes vagues d’air. En parlant avec le vendeur, il avait réussi à négocier le prix du katana. Curieusement, le marchand était heureux de lui revendre une bouchée de pain par rapport au prix d’origine. Tanguy insista pour qu’ils achetèrent quelques bombes, Frank n’en voyait guère l’utilité, si ce n’est risquer de se faire exploser par la stupidité de son coéquipier. Il céda. Tout à coup, des cris raisonnèrent.
« Au meurtre ! Au meurtre ! On a assassiné un inspecteur de police ! Arrêtez cette femme ! »
A suivre...

