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Seul en apesanteur

par Romaric AUBERTIN

publié dans Romaric AUBERTIN , Nouvelle , Science-Fiction

Image tirée de Google Images: http://static.potins.net/wp-content/uploads/2013/03/astronaute-fond-ecran-680x365.jpg

Image tirée de Google Images: http://static.potins.net/wp-content/uploads/2013/03/astronaute-fond-ecran-680x365.jpg

Cela fait deux jours que je flotte dans l’immensité infinie de l’espace, constatant sans relâche sa beauté et sa complexité. Auparavant, je n’avais pas mesuré la beauté de l’espace, je me contentais seulement de l’imaginer et d’y voir d’un œil d’homme, un œil qui vous fait dire que ce n’est qu’un vaste amas de cailloux tourbillonnant autour d’astres dans des limites difficilement concevables pour le cerveau humain.
Oui, c’est avec une opinion et une vision d’homme qu’auparavant je comprenais l’espace, aujourd’hui, nul n’en est le cas. Je le contemple comme on pourrait admirer la beauté d’une œuvre d’art, comme si c’était un géant sculpteur qui avait conçu cet univers dans lequel nous vivons.

Je peux sans relâche observer les fines courbes, des planètes, que j’aperçois écrasées pour les plus éloignés d’entre-elles. Que c’est beau ! Quelle sensation de légèreté se prêtant à la réflexion ! Ai-je, dans ce vide intersidéral, de quoi obtenir tout le bonheur du monde en un simple regard ?

Mais ceci, à première vue, était sans compter la splendeur d’un soleil que j’aperçois à je ne sais combien de kilomètres de moi, géante sphère lumineuse irradiant de sa clarté les planètes environnantes.

Mère nature est une merveilleuse conceptrice: elle a permis à ses créations de s’auto-suffirent en se complémentarisant, et ce tout en jouant sur un jeu d’ombre et de lumière. Non seulement il a fallu être sacrément ingénieux, mais ô combien amoureux des arts pour octroyer une telle possibilité à un monde pourtant si imparfait.
La complexité des conditions des œuvres du génial créateur de l’univers serait-elle la raison de cette imperfection ? Nulle doute que j’approche de la vérité, et pourtant, je dois en être bien loin.


Pourquoi m’en soucis-je à présent alors que la vie me sera bientôt ôtée ?
Je suis seul, perdu au milieu de l’espace, voguant encadré des débris de notre vaisseau spatial. J’ai réussi à m’extraire d’une mort instantanée pour connaître les affres d’une agonie lente et douloureuse.
J’ai faim, soif, n’ai plus que pour une demi-heure d’oxygène, et enregistre mes derniers moments d’existence grâce à la caméra interne au casque sur le peu de batterie qu’il me reste. Ma douce, je n’aurai plus pour habitude de caresser tes longs cheveux noirs comme le geai, doux comme la soie, mais je t’adresse ces dernières images que j’ai sous les yeux et que quiconque a pu observer, tout en réfléchissant également, trouvera plus fabuleux que n’importe quelle merveille du monde façonnée de main d’homme.


Je meurs le sourire aux lèvres malgré les trépidantes pensées qui occupent mon esprit.

C’était le Lieutenant Kilian, membre de l’OMANU (Organisation Militaire Aérospatiale des Nations Unis)



"Ce texte a été déposé et est protégé en vertu de l'article L. 111-2 du Code de la propriété intellectuelle, loi du 1er juillet 1992."

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