L'Orbe de Kjïnn - Prologue
Découvrez en avant-première L'Orbe de Kjïnn, un essai comique que je travaille ! Je ne sais pas si je vais le continuer car il est assez compliqué et certaines choses me déplaisent, cependant, si vous avez des avis favorables, il se peut que je revois la question et que je travaille dessus ! A vous de juger !
L’Orbe de Kjïnn
Prologue
Il était une fois, dans le pays d’Alkézab, un roi fort ignare. Son peuple souffrait de sa stupidité, il était tellement incapable qu’il conduisait ses hommes à une mort certaine. Chaque guerre entamée était perdue par avance, chaque nouvelle loi ne faisait que renforcer la haine de ses sujets envers lui-même. Ses vassaux riaient de sa stupidité, dans l’ombre, ils fomentaient un coup d’état. Mais un jour, sans doute une de ces journées bénie des dieux, une princesse fort séduisante et intelligente arriva au château. Elle fut chaleureusement accueillie par le roi qui était fort épris d’elle. Les idioties du souverain l’amusèrent, quelques jours après, ils se marièrent. Se rendant compte de son incapacité notoire à gérer les affaires de son pays, il délégua sa femme. En quelques années, les plans néfastes furent anéantis, les mécréants pendus, le royaume défendu, partout on entendait clamer le nom de l’épouse du roi. Le peuple s’était rallié à la reine. Tout allait pour le mieux, tout… Jusqu’au jour où elle enfanta d’un fils qu’ils prénommèrent Tanguy. Tanguy eut une bonne éducation et de bons soins, cependant, ayant hérité des merveilleux gênes de son père, sa mère s’inquiétait énormément à son sujet. Il ne rêvait que d’une chose : ne rien faire, jouer comme un enfant de six ans, avoir des couches pour ne pas aller au cabinet ( il était las de se déplacer, cela troublait sa tranquillité ), babiller, avoir un comportement indigne de son âge et de son rang. Un soir, la reine fut très triste, elle s’enferma dans une tour. Après une nuit de pleurs et de réflexions, elle se jeta du haut de cette même tour. Le peuple et le roi pleurèrent longtemps sa mort. Seul Tanguy était resté imperturbable, dans son monde. Souffrant d’autisme chronique, Tanguy vivait dans sa contrée imaginaire et les événements extérieurs ne pouvaient pas l’atteindre. Il avait quatorze ans à l’époque du décès de sa souveraine mère.
Une douzaine d’année plus tard, sur la place de la Capitale, un intellectuel appelait la population à une révolte sanglante. Le roi, dépressif, ne gérait plus les affaires du royaume, tout pourrissait, tout périssait. La mort de la reine avait anéanti tout espoir, le peuple émigrait lorsqu’il en avait l’occasion, les gens mourraient à petit feu. Dans leur regard souffrant, le mot révolte avait ravivé l’instinct de survie, et ce désir ardant de couper la tête à une loque qui les dirigeait. En peu de temps, ils s’étaient tous rassemblés, utilisant n’importe quel ustensile pour arme. Du bâton au fusil à poudre en passant par la poêle, le fer à repasser, la fourche ou le couteau, tous se précipitèrent en colère vers les portes du château. Frank, le conseiller trentenaire du royaume prévint son suzerain de la situation alarmante.
« Maître, vous devez agir ! C’est affreux ! Le peuple réclame votre tête ! -Que puis-je y faire, Frank ? C’est à vous de gérer cette situation. -Mais je ne puis rien faire sans votre parole, et je ne sais même si elle serait capable d’apaiser vos serfs !
-Qu’importe Frank ? Qu’ils viennent me libérer du fardeau que je porte, je ne souhaite que la mort, même si je me battrai afin que mon nom soit à jamais gravé dans l’histoire !
-Ne vous inquiétez pas, il l’est déjà à jamais inscrit, votre légendaire stu…
-Plaît-il ? Je pourrai te pendre pour exemple et ainsi démontrer le sort réservé à ceux qui osent me défier ! Je suis le roi, et je peux toujours ordonner, puisque je dois le faire ! Ainsi, j’ordonne que tu partes sur le champ avec mon fils ! Qu’ils le laissent en dehors de tout ça, il n’y est pour rien.
-Mais, maître. Votre fils ne m’écoutera jamais ! Et combien même je l’emmènerai, que pourrai-je en faire ? Ce n’est qu’un boulet rêvant d’aventure chevaleresque, et, sauf votre respect, ce n’est qu’un piteux prince ! Dehors, il sera mort en quelques secondes…
-Je compte sur toi pour le protéger et exécuter ses moindres désirs, je suis le roi, et même après ma mort, je commanderai toujours ! Acquitte-toi de ta tâche sur le champ si tu ne veux point trépasser à l’instant ! -Bien maître… Adieu maître. »
Les portes du château s’ouvrirent, les gardes fêlons rejoignirent les rangs des révoltés, seuls quelques fidèles à l’ancien régime se préparèrent au sacrifice final afin de permettre à Tanguy et Frank de s’enfuir. Arrivé dans la chambre de Tanguy, Frank se dépêcha d’informer ce dernier du départ imminent.
« Qui sont ces idiots qui viennent troubler mon repos ? Et toi-même, tu fais quoi ici pendant ma princière sieste ? -Tanguy, nous devons partir immédiatement ! C’est un ordre de ton père ! Le peuple est venu pour le tuer, il veut que je te sauve en nous enfuyant. Tu rêves d’aventure non ?
-L’aventure Frank, l’aventure… Jamais pendant ma sieste ! Je dors, et que le peuple revienne plus tard. Ne me dérange pas !
-Tanguy, pauvre abruti ! Debout ! On y va. Ils te tueront !
-Je suis le Prince Frank, et mon papa, c’est le Roi ! Ce ne sont pas de pauvres paysans ou marchands qui vont nous arrêter, non ! Mon papa, c’est le plus fort ! Il leur cassera toutes leurs dents et il les tuera s’il le faut ! Mon papa il est beau et costaud ! Il les repoussera, tu te fais trop de mouron… En revanche tu m’as insulté, et si je le dis à mon papa, tu vas voir ce qui va t’arriver ! Je veux qu’on te donne cent coups de fouet ! »
Des bruits de combat raisonnèrent dans le château. Frank en avait la chair de poule, les révoltés étaient entrés, les forces ne tiendraient pas bien longtemps. Il se résolut donc à assommer Tanguy, le chargea sur son épaule, l’amena dans une salle secrète, le descendit à l’aide d’une corde et le rejoignit ensuite. En partant, il se retourna. Il aperçut la tête de son maître au bout d’une pique en haut des remparts. Il partit, l’esprit tranquille, non sans une grimace de dégoût en pensant au fardeau qu’il trimballait.
