L'Auberge de Vaporiatum - Chapitre 1 - 1/4
Premier Chapitre de L'Auberge de Vaporiatum. Découvrez, dans ce chapitre l'incroyable aventure qui est arrivée à un traqueur qui chassait le splendide et rare Poumar doré !
La première partie de ce chapitre se concentre sur la vie de notre héros, l'accueil du traqueur et de son apprenti à L'Auberge de Vaporiatum.
Suite à 21 H aujourd'hui !
Chapitre I
Le Traqueur, l’Apprenti, et le Poumar
C’est une belle journée qui commence en cette belle matinée d’été. Je suis serveur depuis quelques mois à L’Auberge de Vaporiatum, une auberge plutôt luxueuse pour une auberge routière ! Ce matin, il n’y eût guère de clients : juste quatre personnes ont dormi cette nuit, autant dire qu’il n’y avait pas beaucoup de tâche à effectuer… Le patron est un homme gentillet, il nous laisse nous délasser et faire plus ou moins ce que nous désirons quand nous sommes en service et qu’il n’y a aucunement besoin de nos services, aussi, je marchais sur la route à la recherche de bleuets à offrir à une fille qui me plaît. Mon cœur s’est épris d’une tendre petite servante qui s’occupe du ménage sans jamais rechigner. Cette fille est si jolie, avec ses cheveux bruns bouclés retombant en cascade sur sa nuque dévoilée. Lui faire la cour me plairait, encore fallait-il avoir quelque chose à lui offrir ! Ayant suffisamment marché pour trouver les fleurs que je cherche, j’en cueille afin de former mon modeste bouquet et utilise un joli ruban rouge pour le lier. Tout à coup, le strident sifflement d’une machine à vapeur parvient à mes oreilles. Pressentant qu’un nouveau client allait mettre pied à terre, je me hâte de regagner l’auberge. Sitôt arrivé, je constate que la machine que j’avais entendue était un carrosse tiré par des chevaux à vapeur. Les gens avaient peur du progrès, et s’ils devaient améliorer leur mode de déplacement, ce dernier devait ressembler à quelque chose qu’ils connaissaient, aussi, on remplaça les chevaux par des répliques fonctionnant à vapeur et possédant des roues à la place des pattes. Il existe cependant des voitures à vapeur qui ont une esthétique différente et bannissent l’idée de l’attelage, mais cela n’est pas trop au goût du jour, c’est pour cette raison que nous voyons largement plus de carrosses à vapeur… Je pousse la porte de l’auberge et tombe sur ma petite servante que je chéris. Je lui offre mon petit bouquet : elle rougit et me remercie cent fois. Je lui glisse quelques mots à l’oreille avant de reprendre le service, et me dirige vers le client qui fume sa pipe accoudé à une table de la salle à manger. Il m’attend patiemment.
« Bonjour et bienvenue à L’Auberge de Vaporiatum. Que désirez-vous, monsieur ?
-Une bonne bière ne serait pas de refus, et apportez-moi un bon plat de viande, j’ai une faim d’ogre ! Ah, j’allais oublier, mettez tout en double, c’est que je ne suis pas seul !
-Avez-vous pensé à réserver une chambre pour la nuit ?
-Oui mon p’tit gars, mais va ! Va ! Mon estomac crie famine ! »
En partant vers les cuisines, je croise l’autre personne dont le client m’a parlé : c’est un jeune homme affublé tel un garçonnet et qui sent fort mauvais. Décidément, il y en a qui n’ont guère appris à se laver ! Sa chevelure est décoiffée, sa peau est écorchée, il a même par endroit du sang séché. Je préfère ne pas continuer à le regarder : il me répugne. J’informe la cuisine de la commande du client et repart dans la salle à manger, m’asseyant sur un tabouret. Je regarde en direction de l’homme qui avait passé commande : il est richement paré mais semble être chasseur. Est-ce un chasseur de gibier ? Non, il paraît chasser plus gros, beaucoup plus gros… Exerçait-il ce métier hautement risqué consistant à tuer des animaux pour leur peau ? Oui, cela paraît fort possible. Son manteau en fourrure semblait le confirmer. Il portait sur le nez des lunettes de soleil en écailles de serpent, une riche monture, cet homme ne semble pas fauché. A ses côtés repose une canne richement décorée : son pommeau était une tête d’ours dorée à l’or fin. Je suis intrigué car je n’aperçois pas d’arme portée par cet homme, il fallait être complètement siphonné pour se trimballer ainsi sans avoir de quoi se protéger ! Sans compter que cet individu paraît avoir une bonne cinquantaine d’année. Les traits de son visage lui donnent trente ans, mais sa barbe grise le trahit ! Je ne vois pas trop les cheveux de l’individu, ils semblent courts et sont cachés par son chapeau sur lequel il a fixé une belle plume rouge. Il porte des bottes dont la semelle est ferrée, sans doute pour être protégé quand il se met à marcher dans les fourrés ! Je continue mon analyse mais elle est subitement stoppée par cet étranger. Il me fait signe de s’asseoir près de lui. J’obéis, désirant savoir ce qu’il me veut.
« Dites-moi, mon bon ami, pourrais-je partager avec vous mes connaissances ? J’aimerais vous raconter ma traque du Poumar doré.
-Allons, que me chantez-vous là ? N’est-ce pas une légende ?
-Dites-vous bien, cher ami, que les légendes ont toute un point de départ. Ainsi pensant, vous en concluriez vite que chaque pensée, même fortement altérée, est fondée.
-Je ne savais point qu’un chasseur pouvait être beau-parleur, soit, je vous écoute, qu’avez-vous à me dire ?
-Parfait, parfait ! Mais je préfèrerais parler en pouvant me restaurer, allez vite chercher la commande que votre patron vient de terminer, et vous aurez tout le loisir de m’écouter. »
Je me presse de les servir et me replace de la même manière que je l’étais. Mon client sourit et entame son récit.

