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L'Orbe de Kjïnn - Chapitre Premier - L'Auberge - Suite

par Romaric AUBERTIN

publié dans l'orbe de kjinn , lok , romaric aubertin

L'Orbe de Kjïnn - Chapitre Premier - L'Auberge - Suite

Voici la suite tant attendue du premier Chapitre de L'Orbe de Kjïnn ! Bonne lecture à tous !

 

Il l’ouvrit, un papier tomba à ses pieds. Il le ramassa, il y avait des inscriptions, paraissant être des numéros de page, de ligne… Il les chercha, lorsque tout un coup, un râle se fit entendre derrière lui. Il fit tomber l’ouvrage et se retourna, prêt à défendre chèrement sa vie. C’était l’aubergiste. Des sueurs froides coulaient le long du front du courageux conseiller.

« Fais quoi là ? Vous êtes dans la chambre d’un client. Il s’est plaint de votre intrusion. Toi sortir de suite, sinon moi t’envoyer par la fenêtre. Compris ? Toi rien à faire là.
-Excusez-moi, un client vous dites ? Etrange ! Il n’y a personne ici. -Clients spéciaux, toi pas pouvoir comprendre. Peut-être toi en faire partie prochainement ? »

Frank sortit. L’aubergiste referma la porte et la consolida. Il ne dit mot, les dernières paroles de l’étrange homme résonnaient dans sa tête. Cette auberge détenait un secret qu’il devait découvrir. Malheureusement, il ne put continuer ses investigations. L’heure du souper était là, Tanguy était prêt. Il sentait l’eau croupie.

« Frank ! Tu exagères ! Je t’ai cherché partout et tu n’es pas lavé ! Bon, nous n’avons plus le temps, on descend manger. Pour la peine, je prendrai la moitié de ton repas !
-Encore faut-il savoir ce qu’on va nous servir à manger, si c’est ce que je pense, tu pourras même tout prendre.
-Vraiment ? J’ai une faim de loup ! »

L’aubergiste arriva avec du pain au seigle. Il était dur et rassis, immangeable. Il y avait une soupe aux poireaux pour accompagner ce maigre repas, elle ne semblait pas faite d’hier. Tanguy fit la moue.

« Aubergiste, je m’attendais à un repas plus digne ! Vous vous moquez de moi ? Je veux bien que je sois un Roi qui parte à l’aventure, mais il me faut des forces ! J’apprécie votre chambre qui est tout à fait pittoresque, mais ce repas est frugal ! Apportez-moi des mets de choix, des nombreux gâteaux !
-Y’a ce qu’il y a, tu veux plus ? Toi pas avoir compris moi. T’auras que ça. Si moi être en colère, toi regretter.
-Tanguy, je te laisse ma part, mange bien. Désolé de vous décevoir aubergiste, mais j’aimerai cuisiner quelque chose.
-Toi pas bouger salle à manger sauf pour aller dans chambre. Tu sais pas où toi être.
-Je veux du lapin ! Je veux des gâteaux ! Je veux un repas de Roi ! Je veux manger ! J’ai faim ! »

L’aubergiste fit un grincement de dents, l’atmosphère devint de plus en plus oppressante, l’obscurité augmenta, le froid s’installa.

« Tanguy, mange… Et ne dis plus un mot… -Sage décision. Toi, le bellâtre, être sage. »

L’homme s’en alla. Frank restait sur ses gardes, Tanguy mangea en récriminant. Sitôt le repas terminé, ils montèrent à leur chambre. En quittant la salle à manger, Frank se retourna brusquement. Il lui avait semblé apercevoir une ombre se faufiler dans la pièce. Il remarqua que la table avait été débarrassée, les bougies soufflées. Un frisson lui parcouru l’échine, il rejoignit en hâte Tanguy. Il barricada la chambre. Tanguy, ne comprenant pas son comportement, lui ordonna de tout défaire. Il ne désirait pas dormir avec un paranoïaque. Frank, bon gré, mal gré, retira les maigres défenses. Puis, ils s’endormirent. Frank ne dormait que d’un œil. Deux heures passèrent lentement, lorsque tout à coup, quelqu’un manipula la clenche. Frank était prêt à découper la première personne qui passerait la porte, lorsqu’il aperçut avec horreur une ombre dont la tête était proche du cou de son monarque. Il bondit sur ses pieds et attaqua la menace, au même instant, Tanguy, réveillé par le bruit, se mit à hurler de colère.

« Qui ose troubler mon sommeil ? »

Il remarqua une tête étrangère, aux canines affutées. Il ne put que dire, bêtement.

« Je ne parle pas aux impolis qui osent me déranger pendant que je dors ! Ouste ! Frank ! Chasse-le ! Et pends-le s’il ose continuer son impertinence à mon égard ! »

La créature se retourna et évita de justesse le coup d’épée de Frank. Le nabot hurla de colère.

« Frank ! Je t’ai dit de le chasser, pas de le pourfendre ! En plus, tu n’es même pas capable de manier correctement son épée !
-L’idiot de service, me donner un coup de main serait trop demandé ? On cherche à ouvrir notre porte, ne laisse pas entrer ! Ce sont des créatures de la nuit, cette auberge me semble maudite ! Je comprends mieux les paroles de l’aubergiste… Mais, hé ! Que fais-tu ?
-Justement, je comptais ouvrir cette porte ! Dehors malotru ! »

Tanguy avait réussi à chopper le bras de leur agresseur, il ouvrit la porte et propulsa ce dernier à l’extérieur. Les monstres cherchant à entrer se ramassèrent de plein fouet leur collègue. Ils étaient à terre.

« Nous voilà débarrassés. Bien, rendormons-nous.
-On s’arrache de suite ! Vite ! Aux chevaux !
-J’ai pas dormi ! Ne force pas ton suzerain à s’énerver, le repos de mon cerveau est plus précieux que trente lieux à parcourir !
-Tu ne comprends pas ? Ils sont là pour nous tuer ! Aide-moi à porter les sacs au lieu de faire ton intéressant !
-Mais non, ce sont juste des fauteurs de trouble, il n’y a rien à craindre ! Et si tu continues, je vais bouder ! »

Frank ouvrit la porte, l’épée en main. Il aperçut avec horreur qu’aucun des belligérants n’était dans le couloir. Il poussa Tanguy par la porte et l’obligea à dévaler les escaliers. Tanguy tomba dedans et roula jusqu’en bas.

« Tu veux ma mort ?
-Je nous sauve tu veux dire ! »

Ils cherchèrent à gagner l’écurie mais se firent attaquer sur le chemin par deux singes-garous. Tanguy sortit son épée en bois et tapa sur l’un des agresseurs tel un bambin assenant des coups de hochet, tandis que Frank entama un duel contre l’un deux. Evitant les coups de griffe, il trancha la tête de son adversaire, tandis que Tanguy avait les crocs de son ennemi planté dans son royal fessier. Mais heureusement, l’astucieuse couche de notre héros lui protégea son doux derrière.

« On peut dire que ta sale manie a fini par te sauver la vie !
-Je ne dors jamais sans ma couche, au moins, pas besoin de se lever pour aller au cabinet ! Vous avez tout le plaisir de dormir.
-Epargne les détails veux-tu ? »

Sitôt les singes-garous tués, des zombies les encerclèrent. Heureusement, Tanguy se préparait à déclencher une nouvelle attaque. Le cri de la petite fille apeurée ! Les zombies étaient désorientés par cet abominable bruit aigu, du sang sortit des oreilles de Frank. Il en profita pour trancher la tête des macchabées, le sang gicla sur les murs, recouvrant également le mobilier. L’un des zombies, sous la puissance du cri perçant, eût la tête qui explosa. Tanguy, qui était toujours en train d’hurler, reçu un œil dans sa gorge. Ses habits avaient reçu des morceaux de cervelle. Frank se dépêcha de lui faire cracher l’orbite du monstre. Tanguy se plaignit que son accoutrement de nuit était tâché, Frank lui administra deux baffes et le poussa en direction de l’écurie. Il sella rapidement les chevaux, mais au moment de sortir, le vampire les attaqua à nouveau. Tanguy pleura car il avait reçu un coup d’ongle du vampire. Ravalant son chagrin, il attrape un pan de la cape de la créature et le propulsa de toutes ses forces au travers de la pièce. Coup de chance ! En s’écrasant contre le mur, le vampire déstabilisa des outils posés sur ce dernier et une fourche descendit brutalement, transperçant le monstre en plein cœur. Frank aperçut sur le sol le livre qu’il avait trouvé. Il se précipita, l’ouvrit au bon endroit. L’aubergiste arriva, très en colère.

« Vous êtes plus monstrueux que nous. Nous vouloir mort de vous ! Nous être maudits, tuer toute personne dormant ici.
-Voyez-vous cela ?
-Comment toi avoir ça ?
-Votre cher vampire ! Il l’avait sur lui.
-Que comptes-tu faire ?
-Mettre un terme à tout ceci !
-Non ! Toi pas pouvoir ! Toi être fou ! Toi périr avec nous puisque toi être là !
-C’est ce que tu penses ! Mais nous sommes des aventuriers ! Nous nous sortirons de cette situation ! Que la lumière fut, que les ténèbres ne soient plues ! Auberge maudite, retourne au fond de la crypte !
- Nous maudire vous ! »

Frank donna une violente claque sur la croupe des chevaux et ils partirent au galop. Les portes s’ouvrirent violemment, tout tremblait, les poutres tombaient les unes après les autres, l’auberge s’écroula quelques secondes après leur sortie.

« Quelle nuit de fous, Frank ! Tu as bien failli nous tuer ! Et je n’ai pas pu dormir ! Merci pour tout ce remue-ménage, ta mauvaise éducation nous conduira loin !
-Tu m’énerves Tanguy, sans moi, tu serais à cette heure-ci en charpie. »


"Ce texte a été déposé et est protégé en vertu de l'article L. 111-2 du Code de la propriété intellectuelle, loi du 1er juillet 1992."

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