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L'Orbe de Kjïnn - Chapitre Second - Falsepace

par Romaric AUBERTIN

publié dans lok , l'orbe de kjinn , romaric aubertin

L'Orbe de Kjïnn - Chapitre Second - Falsepace

Découvrez le deuxième Chapitre de L'Orbe de Kjïnn ! Bonne lecture ! ;)

 

Chapitre Second - Falsepace

Après plusieurs jours de cavalcade, accumulant fatigue et remontrances, Frank découvrit avec bonheur depuis le sommet d’une colline la ville de Falsepace. Située en montagne, c’est une grande ville réputée calme et sécurisée. Les commerçants viennent y revendre leurs plus belles marchandises car les habitants de Falsepace, étant éloignés de toute civilisation, s’empressent d’acheter chaque produit tape à l’œil permettant de snober son voisin et d’être considéré. Ils sont riches, ils vivent grâce au tourisme. Leurs stations balnéaires leur rapportent énormément d’argent, leurs grands hôtels luxueux dans cette célèbre cité réputée pour son fare niente accueillent les trop nombreux groupes de touristes. Malgré cette agitation, la ville demeure calme. Trop calme diraient certains. Est-ce la réalité ? Seuls les dieux peuvent le savoir ! Mais revenons à nos moutons. Tanguy cessa de geindre et fut le premier à sauter de cheval afin de dévaler la colline. Il était talonné de près par Frank qui n’arrivait pas à suivre son rythme, on aurait dit que des ailes lui avaient poussé ! Ils avaient abandonné les vieilles juments qui étaient sur le point de rendre l’âme. Arrivés à l’entrée de la ville, ils furent stoppés par la monstrueuse marée humaine qui déferlait et refluait hors de la ville.

« Quelle pagaille ! Frank, je veux que tu me portes afin que je ne me fasse pas bousculer. Je suis un roi, on me doit le respect dû à mon rang ! On doit me voir arriver, je dois être l’objet de tous les regards. Allez, accroupis-toi, que je monte sur tes épaules !
-Ah ça non ! Hors de question ! Je réponds déjà au moindre de tes caprices, mais cette fois-ci, la coupe est pleine ! Tu as des jambes, tu te démerdes ! J’en ai ras le bol d’être le larbin de service !
-Frank ! Tu me portes et tu m’emmènes à l’hôtel, n’oublie pas que j’ai le droit de vie et de mort sur ta petite personne !
-Tu es vraiment un chieur, le roi des chieurs, ça oui ! »

Tanguy frappa son compagnon derrière les genoux, ce dernier se baissa et d’un bon, le roitelet fut sur les épaules de son conseiller.

« Maintenant, tu auras l’obligeance d’aller à l’hôtel. Ne tente pas de me faire tomber, n’oublie pas que j’ai mon arme en main ! »

Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, Frank obtempéra. Il marcha en direction du centre-ville tout en recevant par moments les sécrétions des animaux, les insultes des passants qu’il bousculait involontairement car le poids de Tanguy le déséquilibrait, ainsi que les moqueries des passants qui riaient à gorge déployée en voyant ce duo invraisemblable paraissant débarquer de la contrée de la clownerie. Heureusement pour nos héros que le ridicule ne tue pas ! Il était à noter que, malgré l’impressionnant flux de touristes et de marchands, il n’y avait aucun brouhaha, et la circulation était assez fluide. Ayant atteint le centre-ville, ils choisirent le plus grand hôtel, Tanguy ne voulait que du luxe. Il se sentait comme un poisson dans l’eau dans cette cité. Ils se présentèrent au comptoir.

« Bonjour. Je suis un roi accompagné de mon fidèle conseiller. Nous désirons séjourner dans votre ville car nous sommes en quête d’aventure et cherchons de quoi nous restaurer, nous laver, ainsi que nous reposer. Mon royal corps a besoin d’une bonne et luxueuse cure pour se remettre de ses émotions !
-Un instant, je vérifie s’il y a des chambres disponibles. »

L’hôtesse consulta ses registres, regarda en direction de la boîte à clefs, puis utilisa une sorte de corne apposée au mur, il y avait une gaine de cuivre qui y était raccordée et montait le long du mur. Elle demanda une information et reçue la réponse. Elle retourna prévenir ses clients.

« Nous étions complet, mais la personne ayant réservée la chambre mille vingt-quatre ne s’est pas présentée. Elle devrait être arrivée depuis trois jours, tant pis, nous la considérons comme libre. En revanche, je dois vous prévenir que c’est une suite pour quatre personnes. Elle vous comptera donc plus cher qu’une chambre double. La prenez-vous ?
-Bien sûr que nous la prenons !
-Tanguy, tu es sûr ?
-J’ai de l’argent !
-Très bien…
-J’aurai une question en revanche, quel est cet étrange appareil qui vous sert à transférer votre voix ?
-C’est un tuyophone, ça sert à communiquer d’une pièce à l’autre ou d’un bâtiment à un autre en composant un code. Cela nous permet d’éviter les allers et venues incessantes de messagers.
-Intéressant. J’en veux un pour mon château !

-Arrête tes caprices ! Nous ne sommes pas là pour ça, et de château, tu n’en as plus, cervelle d’oiseau ! Je vous remercie madame pour nous avoir trouvé une chambre.

-Ce n’est rien, c’est mon métier. Je vous souhaite un bon séjour messieurs, tenez, voici un plan de notre ville. Si vous cherchez du travail et que vous êtes prêts à partir en quête, la mairie se situe juste ici, en face du palais de justice. Vous y trouverez en tournant sur votre droite en sortant de l’hôtel et en suivant l’avenue de Fionul.
-Je vous remercie mademoiselle. J’espère que vous faites des extras !
-Tanguy ! De la tenue ! »

La belle jeune femme qui les servait devint pâle. Tanguy rouvrit la bouche.

« Oui, je cherche de quoi m’amuser. Vous savez, je suis un petit joueur. J’ai besoin de mes jouets.
-Tanguy, tu n’as peut-être pas bien été éduqué, mais là, tu dépasses les bornes !
-Monsieur… Arrêtez, ou, tout souverain que vous êtes, je vous préviens que j’appellerai la sécurité !
-Allons, je veux un peu de distraction et c’est ainsi qu’on me reçoit ? Ce n’est pas un crime de s’amuser, ce n’est pas un crime de se distraire, ce n’est pas un crime de vouloir jouir d’un peu de bon temps ! Je suis le roi, je dois avoir droit à mes occupations, quelle qu’elles soient ! »

L’hôtesse d’accueil était sur le point d’avoir un arrêt cardiaque en pensant à avoir un rapport avec ce ridicule petit homme fort laid. Frank envoya un coup de pied dans les parties douloureuses du roitelet.

« Ça suffit ! Assez de conneries pour ces derniers temps ! »

Tanguy répondit à Frank, en sanglotant.

« Je désirais seulement jouer avec des petites figurines de bois et voilà comment vous traitez ! Vous êtes tous de viles personnes qui s’en prennent à plus faible que vous ! Si j’avais mon armée, vous seriez réduit en bouillie pour me traiter de cette façon !
-Quelle confusion !
-Tanguy, pauvre abruti ! Tu n’aurais pas pu préciser que tu voulais simplement des figurines en bois ? Je te jure ! Tu es plus que désolant ! Tu devrais apprendre à mieux te comporter en société ! Pour un souverain, tu fais peine à voir. »

 

A suivre !...

"Ce texte a été déposé et est protégé en vertu de l'article L. 111-2 du Code de la propriété intellectuelle, loi du 1er juillet 1992."

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