L'Orbe de Kjïnn - Chapitre Troisième : Shukee, le barbare - Partie 6
Tanguy cumule bourde sur bourde, et voilà qu'il entraîne ses compagnones dans une bien fâcheuse situation, comment s'en sortiront-ils ? Ne risquent-ils pas d'alerter toute la ville avec cette pagaille ? N'attendez plus, précipitez-vous sur la 6ème partie du Troisième Chapitre de L'Orbe de Kjïnn ! Bonne lecture ! ;)
« Espèce de petit con ! Tu ne peux pas regarder où tu fourres tes sales pieds répugnants ?
-Non ! Je veux mon sac d’écus ! Il est à moi ! Je vais le dépendre !
-Sale morveux ! Tu sembles riche… Tes vêtements et ton sac sont à moi ! Ca me remboursera le costume que tu viens de me dégrader pitoyablement ! Glougo ! Ramasse ! »
Un imposant eunuque à la peau noire se déplaça en direction du nabot. Il sortit une dague, coupa les liens qui retenaient le sac au bâton, remis l’argent à son maître. Ils échangèrent un regard complice. Tanguy piaillait en tapant des pieds, lorsque Glougo tendit ses bras dans si direction afin de le déshabiller, il se défendit comme un animal.
« Maître, cette chose est comme les chatons ! Ca miaule, ça feule, ça crache, ça mord, ça griffe… Que sais-je encore ? Que dois-je faire ?
-Arrache-lui tous ses vêtements, ce n’est pas l’argent qu’ils m’apporteront… Il faut qu’il paye son affront ! Il a agressé ma personne, il a ruiné ce qui m’appartient, il doit être puni.
-Ca jamais ! Je suis un Roi, j’hérite ce titre de mon papa ! Et je vous ferai botter le cul ! Frank ! Frank ! Au secours !
-Ah ! ah ! ah ! ah ! Entendez-le ! Il appelle quelqu’un à la rescousse ! Mais je ne crois pas que ton protecteur soit là pour te protéger, hum ? Tu me sembles seul, abandonné, entre nos mains…
-Pas si vite, les affreux ! Veuillez poser ce gosse sur le champ. Je suis son gardien, il est grandement mal élevé, mais au fond, il ne mérite pas tant de cruauté. Ce n’est qu’un simplet.
-Ah ça ! Tu ferais mieux de ne pas oublier le respect que tu dois envers mon rang ! Je suis ton employeur et je !...
-Mais oui, mais oui ! Cher Prince, la récréation est terminée ! Vous vous êtes assez amusé et avez causé assez d’ennuis pour aujourd’hui, veuillez cesser ce comportement indigne de votre statut.
-Non mais de quoi je me mêle ? C’est toi qui t’occupe de ce merdeux ? Il me doit réparation ! Et je ne pourrai l’obtenir que lorsque Glougo aura terminé son acte.
-C’est exclu. Vous n’humilierez pas cet enfant en place public ! Vous nous avez déjà volé l’argent qui nous servait à l’occuper, veuillez nous rendre le bambin immédiatement. Quant à notre argent, vous devez également nous le redonner sans délai, m’avez-vous bien compris ?
-Sans délai ? Ainsi, je peux le garder le temps que je le désire ! Bien, il ne faut pas humilier ce maudit marmot… Goulgo, la fessée !
-Bien, maître. Vos souhaits sont des ordres.
-Je te conseille de réfléchir avant de poser ta main sur ses fesses, tu pourrais le regretter… »
L’eunuque arma son bras pour la correction, lorsque le marchand l’arrêta d’un signe de la main. L’intonation du dernier homme qui avait pris la parole et accompagnait Frank l’avait alerté.
« Eh, mais !... Cette voix… Cette masse musculaire, je te reconnais… Mécréant ! Tu es le chef des barbares, le bandit sanguinaire qui terrorise cette province ! Goulgo ! Laisse tomber ce Prince des doudous ! L’heure de la vengeance a sonné ! Tue cet homme ! Sa tête vaut de l’or ! »
Shukee était mal à l’aise. Frank était devenu blanc. Goulgo laissa Tanguy s’écraser le nez sur le sol. Ce dernier pleura en proférant des insultes à l’encontre de l’eunuque. Le garde du corps du marchand s’arma d’une masse d’arme et se posta en face du terrible Shukee. Les deux hommes se dévisagèrent. Le chef des barbares avaient reconnu le marchand, qui était l’un des mafieux qui les marginalisèrent. Shukee rugit de colère, la foule était terrorisée. Un cercle se forma autour d’eux. Le marchand les toisait, souriant sournoisement. Frank comprit que ce n’était pas son combat, il se décala sur le côté. Shukee devenait rouge cramoisi, une chaleur intense entourait son corps, un halo rouge pouvait se voir autour de sa silhouette. Ses yeux brillaient de mille feux, la rage le faisait écumer. Il rugit encore une fois. Son adversaire restait de marbre, imperturbable, droit, gracieux, puissant. Goulgo avait le crâne rasé, une peau de tigre comme seul vêtement. C’était son habitude de garde du corps, il venait d’un pays chaud. Il fut capturé lors d’une bataille, castré et vendu comme esclave. C’était l’homme le plus fidèle de son maître, il le servait depuis une bonne dizaine d’années. Celui-ci, malgré le fait qu’il soit corrompu, le traitait plutôt bien. On récompense toujours les bons éléments. Goulgo avait la chance d’être ainsi considéré. Il ne broncha pas, il était prêt à périr si tel était le souhait de l’homme qui l’avait recueilli. Il n’avait pas d’autre ambition, une famille ? Il n’en aurait jamais, qui voudrait d’un homme impuissant ? Il donnait son énergie, sa vie, pour défendre un foyer qui n’était pas le sien, mais qu’il considérait comme. Il avait la chance d’être en vie, il avait la chance de ne pas être maltraité, sa façon de remercier son maître était de le servir jusqu’à son dernier souffle. Shukee perçut son ennemi, il le ressentait. Il ne lâcherait rien, il ne faillirait pas. Alors, le chef des barbares chargea son adversaire. Les spectateurs reculèrent, la température montait soudainement. Goulgo ramassa de plein fouet l’attaque de Shukee. Notre nouveau justicier s’étonna de ne pas apercevoir de traces de brûlure sur l’homme. L’eunuque, sans émotion, fit projeter son adversaire en provoquant un microséisme. Shukee retomba sur ses deux jambes, il avait perdu de vue son adversaire ! Ce dernier se rua sur lui depuis un angle mort et l’envoya s’écraser sur le mur d’une maison, fauchant au passage quelques personnes. La population, effrayée, courut dans toutes les directions en quête d’un abri provisoire quelconque, ou cherchant tout simplement à fuir cette infernale arène. Le marchand jubilait, son garde du corps ne perdrait pas. Il empocherait un bon gros pactole ! Frank ramassa Tanguy, ils contemplèrent le singulier combat depuis une position plus sécurisée. Tanguy sortit un paquet de biscuit et les dégusta avidement, gloussant de plaisir à chaque coup porté par l’un des deux combattants.
Shukee s’en voulut d’avoir blessé ou tué des innocents lors de sa chute. Il cracha sur le sol, jurant de faire payer le prix fort à son ennemi. Il devait gagner, il devait écraser l’eunuque afin d’écrabouiller la tête du véreux marchand. Le problème était que Goulgo avait la peau dur comme du roc, il devait sans doute provenir d’une tribu de la Poumpa, vaste savane désertique réputée pour ses tribus de chamanes maîtrisant les éléments terre et roche. Ceux sont de puissants guerriers capables en combat de réduire en pièces une personne opposée à eux. La puissance du feu de Shukee pourrait lui être utile, à condition qu’il en développe un brasier digne de Raouk ! Cette option pourrait lui apporter la victoire, mais quel sacrifice cela demanderait. La ville pourrait rapidement s’embraser sous la puissance d’une telle attaque. Une larme coula sur sa joue gauche, il ne pouvait se résoudre à prendre une telle décision. L’habitation sur laquelle il s’était écrasé commença à prendre feu.
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Jeune écrivain varois de 19 ans en Terminale ST2S. Je prépare mon entrée en IFSI. Je suis passionné...
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