Terreur au Campus
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Une nouvelle à classer en tant que Fantastique/Angoisse. Ce tortueux drame va en surprendre plus d'un ! Bonne lecture ! ;)
Terreur au Campus
Je me réveille, je suis à terre, j’ai l’impression que ma tête va exploser, ma jambe gauche est toute endolorie. Une chaise fracassée n’est pas loin de moi, je m’appuie sur mon bureau pour me lever : quelle est cette vision apocalyptique de ma salle de classe ? Du mobilier est renversé çà et là, du matériel fût brisé en tombant sur le sol, mais heureusement pour moi, les vitres ont été cassées, ce qui a permis aux vapeurs toxiques de s’échapper. Les élèves ont abandonné leur matériel, on dirait qu’ils ont fui en plein cours, mais je ne me souviens de rien. Je remarque tout à coup qu’il y a un peu de sang sur le sol, et une trace de main ensanglantée sur le mur proche de la porte de la classe. La porte, couverte de sang, fût d’ailleurs enfoncée par les élèves, tout du moins, c’est ce que je suppose ! Je regarde ma montre : elle affiche dix-sept heures quarante-sept. Je dois être évanoui depuis une bonne heure, puisque mon cours était à seize heures, qu’il dure une bonne heure, et que nous n’étions pas loin de terminer d’après mes souvenirs… Pourquoi suis-je là ? Il n’y a pas eu d’incident, à ce que je sache ! A vrai dire, je ne sais même pas si mes souvenirs sont justes, car pour tout vous avouer, j’ai un gros trou de mémoire, c’est le black-out total. Je sors de la salle de classe en traînant la jambe, et découvre un couloir dévasté : des casiers enfoncés, des bancs et des chaises renversés, des rampes de néons tortues, éclatées, dont certaines sont suspendues au plafond par quelques vis ou par leurs fils électriques... Et du sang, du sang un peu partout, comme s’il y avait eu un terrible massacre par ici !
Je marche dans le couloir, et toujours la même vision d’horreur, sans compter les portes défoncées des salles de classe, mais curieusement, pas un cadavre dans le coin. Cependant, je finis par apercevoir sous un banc une main à moitié rongée… Inquiétant ! Qu’est-ce qui a pu faire ça ? Non loin de ma position, je remarque, en plein milieu du couloir, un pistolet abandonné. Je m’en vais le saisir, remarque que c’est une arme qui semble avoir pas mal servie, et comprend même que quelqu’un a tiré avec il n’y a pas si longtemps. Je vérifie le chargeur, sept balles, pas une de plus… C’est toujours mieux que rien !
Je continue à avancer dans le couloir afin de rejoindre la sortie de secours, et finis par tomber cette fois sur un trousseau de clés. Les clefs du gardien ! Ca par exemple, comment se fait-il ?! Il ne les aurait jamais laissées à l’abandon ! Qu’est-ce qui s’est produit ici ?!! Je les ramasse, constate avec joie qu’il y a bien le passe-partout dont il se servait fréquemment. Remarquant une salle de classe fermée à clé juste à ma droite, je l’ouvre, jette un coup d’œil, et entend un horrible beuglement. Quelque chose dans la salle de classe court vers moi, je referme aussitôt et verrouille à nouveau la porte. Un visage décomposé et effrayant se plaque contre la petite vitre située en haut de la porte, quelle est cette chose immonde ? On dirait un zombie ! En y regardant de plus près, je me rends compte que c’est ma jeune collègue prof de sciences elle aussi, une demoiselle fraîchement recrutée que j’épaulais régulièrement étant donné que c’était sa première année de fonction. Je vomis en plein sur la porte, dégoûté par ce que je venais de voir et de comprendre. Mais comment se fait-il que moi, je sois encore en vie ? Je laisse mon ancienne collègue, devenue macchabée, tambouriner contre la porte, et continue à travers ce couloir puant la mort.
J’entends subitement un hurlement, et un coup sourd. Cela s’est passé dans une sorte de local d’entretien ! Je m’approche prudemment, pistolet au poing, et ouvre la porte d’un geste énergique. Je découvre une étudiante gravement blessée ayant tué une de ces choses. Je referme la porte et m’approche d’elle, tentant de lui prodiguer les premiers soins. Elle pleure, voyant que je ne pourrai rien faire pour la sauver, je soulève son buste et la prend contre moi, elle semble avoir quelque chose à me dire.
« Professeur ! Ô, monsieur Logan ! Il ne faut pas rester là, il n’y a aucun survivant… Fuyez ! Fuyez tant qu’il en est encore temps ! Laissez-moi là, je suis déjà morte, tout comme lui…
-Comment ça ? Expliquez-vous ! Comment tout ça est arrivé ?
-Mon petit ami, il a été blessé par un de ces maudits bouffeurs de chair, et voilà qu’il s’est transformé en même chose qu’eux après s’être endormi dans mes bras. Il reposait sa tête sur mes cuisses, je pleurais de peur, terrorisée à l’idée qu’on finisse tous les deux notre vie ici, terrorisée à l’idée d’être mangée par ces monstres, terrorisée de perdre l’homme que j’aime… Et voilà que peu de temps après s’être endormi, il se réveilla d’un coup et m’agressa. Il a eu le temps de me mordre la cuisse ! J’ai pu briser un balai en deux et lui enfoncer l’un des bouts dans le cerveau, ça a l’air de les tuer sur le coup, mais je suis condamnée à mon tour…
-Et vous mourrez plus vite que lui, à ce que je vois. La blessure est profonde, vous perdez tout votre sang…
-Mais vous, vous avez une chance de vous en sortir, monsieur Logan. Tenez, prenez mon portable, il vous sera utile. S’il vous plaît, dites à nos familles que nous sommes morts ensemble, nous ne fûmes jamais séparés, et transmettez leur les dernières photos de nous que nous avons fait aujourd’hui, ça les aidera probablement à faire leur deuil…
Une dernière chose, promettez-moi de me tuer après ma mort, que je ne finisse pas comme eux ! Je ne veux pas être une mangeuse de chair et faire du mal aux gens… »
Elle succomba dans mes bras. Je joignis sa main à celle de son compagnon, puis, je pris l’autre bout du balai et lui transperça le crâne. Ils sont morts ensemble, que leurs âmes reposent en paix.
Après cette funeste scène des tragiques tourtereaux, je ressors discrètement du local d’entretien. Il n’y a plus que mort et souffrance ici, il faut fuir au plus vite ! Je me traîne d’un pas plus pressé, la sortie de secours n’est pas loin ! L’adrénaline monte en moi, je vais de plus en plus vite. Encore quelques mètres ! J’y suis presque, du nerf ! Et je m’écrase le nez en plein sur cette porte de secours car elle est bloquée. Je tente multiples manœuvres pour arriver à l’ouvrir, mais peine perdue, mes tentatives sont vaines… Je retourne sur mes pas et me résous à sortir par la grande porte principale, très discrète comme sortie…
Au moment où je gagne le hall avec les grands escaliers qui mènent dans les étages supérieur, de monstrueux hurlements me dressent le poil. Je regarde autour de moi, et voit des zombies descendre les escaliers. Paniqué, Je me hâte d’atteindre les doubles-portes tout en vidant mon chargeur sur ces êtres abjects. Je sors du bâtiment en cavalant, les monstres à mes trousses, mais voilà que des rafales d’armes automatiques se font entendre. Derrière moi, les zombies tombent comme des mouches ! Sitôt mes assaillants éliminés, les cinq militaires qui sont venus à ma rescousse me mettent en joue.
« Halte ! On ne bouge plus ! Etes-vous humain ?
-Bien sûr, que je suis humain ! Je suis professeur dans cet établissement !
-Stop ! On vous a dit de ne plus bouger, au prochain pas, on vous abat ! Etes-vous blessé ?
-Oui… Enfin, non ! Enfin oui mais non…
-Soyez plus clair ! Etes-vous infecté ?
-Non, pas du tout ! Seulement une jambe brisée ou déboîtée, rien de plus !
-Très bien, restez où vous êtes !
Tango deux appelle QG, avons trouvé survivant, cible prioritaire encore non découverte. Demandons la permission d’effectuer une évacuation sanitaire pour le blessé, nous continuerons la mission à trois, à vous.
-QG à Tango deux, négatif. La mission est prioritaire, réussissez-la à tout prix ! Sans compter qu’il est normalement impossible qu’il y ait des survivants non infectés, enfin, soit ! S’il y en a vraiment un comme ça, demandez-lui son identité.
-Eh ! Veuillez décliner votre identité !
-Professeur Logan, biologie.
-Tango deux à QG, l’individu s’appelle Professeur Logan, il exerce en biologie, à vous.
-QG à Tango deux : C’est notre cible ! C’est lui le bio terroriste à l’origine de ce tragique incident ! Tuez-le ! Vous êtes notre dernier espoir, soldats ! Tous les autres commandos ont été éliminés par les cibles hostiles…
-Tango deux à QG, confirmez-vous l’exécution de la cible ? L’individu a l’air normal. Ne voulez-vous pas qu’on le capture ? A vous.
-Quoi !? Non mais vous êtes malades !!! Baissez vos armes, je ne suis pas hostile ! Et vous ne mettrez pas non plus vos sales pattes sur moi, je ne suis pas un criminel !
-QG à Tango deux, négatif, cible trop fortement hostile ! Il a l’apparence d’un être humain, mais peut se changer en Seigneur de la Horde à tout moment. Tirez tant qu’il en est encore temps, soldats ! Tirez, bon sang ! Mais tirez, vous dis-je !
-Tango deux à QG, bien reçu QG ! Allons abattre la cible ! Terminé.
-Echec et mat ! »
Les forces spéciales ont laissé leur micro allumé, les supérieurs entendent en quelques secondes des coups de feu, suivis de grésillements, de hurlements de peur, de douleur, des cris de détresse, de désespoir, ainsi que divers cris monstrueux, puis à nouveau des grésillements avant de laisser définitivement place au silence.
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