L'Orbe de Kjïnn - Chapitre Troisième : Shukee, le barbare - Partie 3
Amours tragiques - broché - Romaric Aubertin - Livre - Fnac.com
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Troisième Partie du Troisième Chapitre de L'Orbe de Kjïnn. Tanguy a tué la monstrueuse barbare, mais quel nouvel affrontement attend nos deux héros ? Vous le sauvrez en lisant sans plus attendre la suite de leurs aventures ! Bonne lecture ! ;)
« Je l’ai tuée ! Je suis trop fort ! C’est normal, je suis un roi !
-Vous sentez cette odeur les gars ? Oh, fuyez ! Vite ! Ca sent horriblement mauvais !
-Non mais, de quel droit ces zigues nous attaquent avec des gaz ? Nous n’avons aucune protection contre !
-Au secours ! Cette odeur me prend à la gorge !
-Et moi, elle me prend aux poumons ! On va tous mourir si on ne recule pas !
-A l’aide ! A l’aide ! C’est insupportable !
-Incroyable ! Ta fiole de parfum t’a sauvé la vie et effraye ces barbares, on dirait que le parfum est en mesure de les tuer. Tanguy, pour une fois, tu as eu une idée de génie.
-Je ne l’ai pas fait exprès en plus, je croyais que c’était une bombe.
-Je me disais bien aussi que c’était trop beau pour être vrai… Décidément, tes gaffes nous sauvent la mise ! »
Les barbares reculèrent de plusieurs dizaines de mètres. Puis, un puissant cri déchira le village. Le chef des barbares venait d’apparaître. Il était grand, il devait faire facilement deux mètres ! Très musclé, en armure de cuir de sanglier, c’était la personne la plus propre du village. Il avait un collier en dent d’ours autour du coup, une vilaine cicatrice à la joue droite. Dans ses mains, deux puissantes haches, leur manche avait été taillé dans un tibia humain.
« Vous avez tué ma sœur ! Vous avez touché à ma famille ! Vous ne ressortirez pas d’ici vivant ! Je suis Shukee, le chef des barbares. Vous avez ma parole que la mort que vous avez amené avec vous va vous emporter dans la tombe cette nuit-même ! Vous n’auriez jamais dû venir ici, pauvres insensés !
-Au secours, Frank, il va nous tuer ! Protège-nous !
-C’est bon Tanguy, je m’en occupe. D’ailleurs, c’est toi que nous sommes venus tuer, Shukee. Nous ne voulions pas de grabuge, malheureusement, mon collègue ayant eu des problèmes intestinaux, cela a réveillé tous tes hommes. Excusez-nous pour le dérangement.
-Ton roi, Frank, je suis ton roi !
-Vos gueules ! Je m’en contrefiche totalement de qui vous êtes ou bien ce que vous êtes venus faire ici ! Vous avez causé en peu de temps plus de ravages que vos prédécesseurs ! Décidément, vous, les gens normaux, n’êtes pas mieux les uns que les autres ! Préparez-vous, votre dernière heure a sonné !
-Ce serait plutôt à toi de faire tes prières, Shukee ! En garde ! Tu ne terroriseras plus jamais les autochtones !
-Ne parle pas de ce que tu ne sais point, tu me prends peut-être pour un vulgaire sauvage sanguinaire, sache que cela n’a pas toujours été le cas, mais qu’importe ! Tu n’es pas là pour discuter, et moi non plus, tu as causé ruine et désolation, je ne peux te laisser continuer à agir de la sorte. »
Shukee ôta sa grande cape rouge et la laissa tomber sur le sol. Ce geste signifiait un combat à mort pour laver son honneur. Frank s’était positionné en garde, prêt à subir l’assaut de son adversaire. Le barbare le dévisagea, puis le défia en le regardant droit dans les yeux. Il toisait le courageux bel homme, certes un peu fou d’avoir franchi l’enceinte de son village afin de venir délester un chef de sa tête. Ce beau gosse ne saura plus d’ailleurs où donner de la tête d’ici quelques instants, ce n’était qu’une question de temps… Il défiait son adversaire en le regardant droit dans les yeux. Frank ne détournait pas le regard. Quel insensé était-ce ? Jamais personne n’avait pu résister au dur regard lancé par Shukee, ce regard dans lequel on pouvait apercevoir les flammes de Raouk. Les yeux de Shukee ne paraissaient plus humain lorsqu’il combattait. Cet homme était un intrépide guerrier, un vétéran des champs de bataille, toute personne qui, par un coup du sort, était amenée à le croiser n’avait jamais eu l’occasion de pouvoir s’en vanter. Le brigand le plus craint de Falsepace faisait face à notre héros. Il avançait lentement dans sa direction, puis, subitement, fondit sur Frank en une fraction de seconde. Ce dernier l’esquiva de justesse car il fut fort heureusement alerté de l’attaque imminente de son adversaire par l’expression assurée qui s’était formée sur son visage. Shukee ne put retenir une exclamation d’admiration, peu de gens l’avait ainsi esquivé. Frank ressentit une étrange brûlure au côté gauche, il y a jeta un œil : la lame d’une des haches de son ennemi lui avait légèrement entaillé la peau sur les côtes. Il grimaça, mais à peine eût-il fini sa constatation qu’une ombre se dandinait au sol. Il se retourna avec une prodigieuse agilité et bloqua l’attaque du sauvage. L’autre, comprenant qu’il devrait monter en intensité afin d’éradiquer son adversaire, l’assaillit de nombreux coups de hache rapides. Frank ne put pas tous les bloquer et sentait comme de nombreuses griffures sur la peau. Ne pouvant rester bloqué dans cette situation, il tenta le tout pour le tout en faisant siffler sa lame sur une coupe horizontale. Le barbare, dont les sens étaient aiguisés, sentit le vent tourner en sa défaveur. Il recula d’un bond, pas assez cependant. Son armure accusa le coup.
« Tu m’as l’air plutôt coriace pour un genre de bellâtre intello.
-Et toi, tu me sembles devin.
-Devin ? Je pense qu’il y a des choses que tu ne peux comprendre, lorsqu’on survit, on revient à un état presque animal… Aussi, nous affûtons nos sens et en développons même un sixième, mais vous, les soit disant civilisés, ne pouvaient comprendre cela.
-Ah si, moi, le roi Tanguy, je comprends parfaitement ! J’ai développé le sens des affaires, et j’ai ainsi acquis une puissante arme contre les bandits !
-Tanguy, si tu te permets de ramener ta fraise pour ne dire que des bêtises, je te jure que je t’achève de mes propres mains une fois notre cible éliminée ! »
L’heure de la contre-attaque avait sonné. Frank propulsa trois puissantes vagues de vent diagonales à l’encontre de son adversaire. Ce dernier passa de justesse entre deux, mais c’était un piège destiné à permettre à Frank de passer dans son dos. Il avait levé son katana et s’apprêtait à couper en deux Shukee de manière verticale. Mais, ayant deviné la ruse de Frank, Shukee fit une roulade sur le côté tout en lançant une de ses haches à la tête de son ennemi. Frank, d’un magistral coup de pied, envoya valser hors de la zone d’affrontement la précieuse arme du chef des barbares. Shukee, bouche bée, siffla d’admiration. C’était la première fois de sa vie qu’il éprouvait une telle difficulté à vaincre un adversaire. Il reconnut les qualités de bretteur du mercenaire. Pour un homme à la belle tête, il était fort habile ! Ce combat lui plaisait, il lécha le sang qui était présent sur son arme. Quel délicieux moment il était en train de passer ! Il s’amusait beaucoup, malgré les coups qu’il recevait. Il jaillit dans les airs afin de retomber sur Frank pour lui asséner un violent coup létal. Ce dernier tourna rapidement sur lui-même, il ne voyait pas d’autre opportunité de se protéger tout en amochant grièvement son adversaire. Sa tactique fonctionna, le barbare fut repoussé par la mini tornade provoquée par Frank. Il retomba lacéré, des gouttes de sang coulaient le long de son corps. Son armure était déchiquetée. Avec la force du désespoir, couplée à un désir ardent de vengeance, il se releva brusquement, sauf qu’il sentit une pointe tout près de sa gorge. Il tremblait légèrement, des gouttes de sueurs émanaient de son corps, le sel présent dedans le piqua violemment lorsque ce dernier se déposa dans ses coupures. Sa vie défila devant lui, des larmes montèrent à ses yeux, malgré tout, il restait digne, impassible. Il essayait de vaillamment montrer l’exemple à ses subordonnés. Il ne désirait pas que quelqu’un puisse se rendre compte des émotions qu’il éprouvait, la gorge nouée, il se préparait à rejoindre sa sœur. Frank hésitait, son adversaire ne bougeait plus. Préparait-il un coup sournois ? Cela durait trop longtemps ! Il tourna légèrement son poignet, et brusquement arma un coup fatal. Une larme du barbare tomba au sol.
« Arrête ! »
Son adversaire venait de lâcher sa hache, Frank détourna son coup. Quelque chose était étrange dans l’attitude d’un homme dont la réputation était d’être un cruel chef sanguinaire avide d’or. Cependant, il maintenait son arme en main, restant sur ses gardes.
A suivre...
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